Contre le grand capital, le camp des travailleurs – Paroles de candidats

10 Avril 2019

La liste Lutte ouvrière aux élections européennes est composée de 79 travailleuses et travailleurs. Voici comment ils se présentent eux-mêmes.

Louise Fève, cheminote, Bas-Rhin

« J’ai 38 ans, je suis originaire de Nancy et cheminote contractuelle à Strasbourg. Avant cela j’ai travaillé dans divers secteurs comme la restauration ou l’hôpital.

Au printemps 2018, avec mes collègues nous avons fait grève pendant plusieurs mois. Même si nous n’avons pas gagné, nous avons fait voler en éclats toutes les barrières et les divisions que les directions mettent entre nous : CDI, intérimaires, sous statut ou pas, stagiaires, sous-traitants, français ou immigrés... nous étions tous ensemble malgré nos uniformes différents, nos payes différentes. Nous y avons gagné la solidarité et ça c’est précieux. Et puis les seuls combats qu’on perd sont ceux qu’on ne mène pas ! »

Ali Kaya, ouvrier, Yvelines

« Je suis ouvrier dans une grande usine automobile de la région parisienne où nous sommes 5 000 travailleurs, dont 2 000 intérimaires.

J’ai 49 ans. Je suis né dans un petit village pauvre en Turquie, où se côtoyaient des Turcs et des Kurdes. En France, avec mes parents, mes sœurs et frère, nous avons vécu dans des banlieues ouvrières auprès de travailleurs d’origines diverses. J’ai retrouvé cette diversité plus tard dans les entreprises. Cela a renforcé ma conviction que notre seule patrie c’est l’ensemble de l’humanité.

La misère à un pôle de la société et l’opulence à l’autre m’ont toujours révolté et, très jeune, j’ai pris conscience qu’il faut se battre pour changer cette société profondément injuste. C’est pourquoi j’ai décidé de militer aux côtés des travailleurs, de ceux qui ont la force de renverser le système capitaliste. »

Ghislaine Joachim-Arnaud, technicienne de labo retraitée, Martinique

« Outre la distance séparant la Martinique de l’Europe, la domination coloniale que nous subissons, les séquelles de notre histoire esclavagiste, le chômage endémique, la “ profitation”, la misère dans laquelle se trouvent plongés nos anciens et l’indigence de notre jeunesse, notre situation économique et sociale est globalement plus insupportable que dans l’Hexagone. D’où le désintérêt pour ce scrutin. Mais pourquoi ne pas saisir l’occasion qui nous est donnée d’exprimer collectivement notre ras-le-bol de cette situation ?

Ce qui nous unit tous, salariés, privés d’emplois, anciens travailleurs ou jeunes, c’est le fait de subir l’exploitation d’une minorité de riches possédants, quel que soit leur pays d’origine. De l’Outre-mer à l’Hexagone, nous pouvons nous dresser tous ensemble contre les exploiteurs capitalistes et leurs serviteurs politiques et c’est le sens de la campagne de Lutte ouvrière. »

Philippe Julien, technicien, Seine-Saint-Denis

« J’ai 61 ans et je vis à Saint-Denis. Après avoir travaillé trente-trois ans en maintenance dans une entreprise d’automobiles de la région parisienne, j’ai été mis en “ congé senior ”, le jour où ce grand groupe a décidé de fermer cette usine en supprimant près de 3 000 emplois.

Pendant toutes ces années, j’ai milité sur le plan syndical pour que les ou­vriers se défendent, et qu’ils décident par eux-mêmes, en mettant en place des comités de grève dans lesquels ils font leur apprentissage de la lutte de classe. Car, au-delà du combat quotidien, il faudra que les ouvriers prennent le contrôle de ces grands groupes pour en finir avec l’exploitation.

Si nous avons en face de nous des capitalistes avec des gouvernements toujours à leur service, je sais que les travailleurs ont les ressources pour renverser ce système capitaliste. Et cela nous pouvons et nous devons l’affirmer dès que nous en avons l’occasion, dans des élections comme dans les luttes.