Algérie : Rivalités au sommet

03 Avril 2019

Sous la pression populaire et avec la fin annoncée du règne de Bouteflika, l’homme qui avait réussi à faire le consensus entre les différentes factions du régime, la crise politique qui agite les sommets du pouvoir s’étale au grand jour.

Il a fallu attendre le 2 avril pour que Bouteflika annonce sa démission de la présidence.

Samedi 30 mars, un autre clan s’est réuni autour de l’ex-président et officier Liamine Zeroual, afin de tenter de mettre un terme à la contestation. Parmi les participants, un certain Toufik, qui a dirigé pendant vingt-cinq ans le DRS, le puissant service du renseignement, démantelé par Bouteflika.

Fâché de cette réunion où il n’était pas convié, Gaïd Salah a annoncé l’interdiction de sortie du territoire de riches hommes d’affaires, tous liés à Bouteflika. Cela lui a valu d’être salué par la presse, qui s’est félicitée de cette action, et par des personnalités comme Bouchachi, l’avocat ex-porte-parole de la Ligue des droits de l’homme, pressenti comme homme intègre apte à conduire la transition politique.

Tous ces clans au sein du « système » tant décrié par les manifestants depuis des semaines, sont des ennemis acharnés des classes populaires. Ils ont prospéré durant des années derrière le paravent Bouteflika, ils sont rivaux mais prêts à s’entendre pour faire intervenir l’armée afin d’écraser le mouvement populaire. Il faudra bien qu’un jour les uns et les autres rendent des comptes sur toutes les richesses volées et les souffrances endurées par le peuple algérien.

L.W.