Météo France : avis de tempête sur les montagnes

27 Mars 2019

Le plan Action publique 2022 du gouvernement prévoit, pour ce qui concerne Météo France, la suppression de 500 postes sur 3 000 actuellement. C’est une véritable saignée s’ajoutant à celles des dix dernières années, qui ont déjà vu disparaître le quart des effectifs et la moitié des stations locales.

Cette fois-ci, c’est clairement la fermeture des centres de montagne qui est programmée. Pour les massifs auvergnats, il n’y aurait plus de centres locaux car ceux d’Aurillac et Clermont-Ferrand seraient supprimés. Dans les Alpes du Nord, les stations de Chamonix en Haute-Savoie et de Bourg-Saint-Maurice en Savoie disparaîtraient. Pour les Alpes du Sud, le centre de Briançon, situé dans les Hautes-Alpes mais qui couvre déjà à lui seul trois départements, est voué lui aussi à fermer. Seul le centre de Grenoble-Saint-Martin-d’Hères subsisterait et devrait ainsi couvrir l’ensemble des massifs alpins français, du lac Léman à la Méditerranée !

C’est une aberration, car tous ceux qui vivent et travaillent en montagne savent que les modèles numériques à grande échelle ne permettent pas d’y faire des prévisions fiables. Celles-ci nécessitent en effet une parfaite connaissance des conditions locales, en particulier de relief, différentes d’une vallée à l’autre. Cela veut dire des équipes installées au plus près du terrain.

La disparition de ces stations météo de proximité serait lourde de conséquences pour la population. Ainsi celles de Chamonix et Bourg-Saint-Maurice avaient été créées dans les années 1970, suite aux avalanches dramatiques qui avaient frappé Val-d’Isère et le plateau d’Assy et fait 111 morts. Ces centres alpins ont, depuis, développé une expertise de pointe en matière de prévision du risque avalanche.

Depuis le début de l’année, les travailleurs de Météo France Auvergne-Rhône-Alpes ont fait plusieurs journées de grève contre ces décisions irresponsables. Vendredi 22 mars, le ministère de l’Écologie en a annoncé la suspension aux maires de Chamonix et Bourg-Saint-Maurice, pour les agences de ces deux villes. Il en faudra plus pour arrêter la mobilisation.

Bruno Deslandes