Maternités : fermetures mauvaises pour la santé

27 Mars 2019

Tandis que le gouvernement fait voter le plan Santé au Parlement, les fermetures de maternités continuent. Selon la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, il s’agit de fermer celles qui seraient peu sûres parce que les médecins n’y sont pas en nombre, ou bien parce que le nombre d’accouchements y serait trop faible et ne garantirait pas une pratique suffisante des médecins.

Face à ces problèmes, la solution selon la ministre serait de fermer ces établissements. Ainsi après la fermeture de nombreuses maternités depuis deux ans, comme celles de Saint-Claude, Chateaudun, Die, ou Bernay, d’autres sont programmées.

Selon une enquête, 40 % des maternités ont fermé en vingt ans. Par conséquent, l’éloignement des femmes de la maternité la plus proche n’a cessé d’augmenter. Le nombre de femmes vivant à plus de 45 minutes de toute maternité a doublé, pour atteindre 716 000 aujourd’hui. Cela n’a rien de rassurant pour les familles concernées, 45 minutes étant considéré comme le délai au-delà duquel la femme est mise en danger.

Paradoxalement, la réponse du gouvernement est de poursuivre les fermetures, sous prétexte de garantir plus de sécurité aux femmes qui accouchent. Les maternités de niveau 1, c’est-à-dire les moins équipées sont les premières visées. Mais ce ne sont pas les seules. La maternité de Creil, dans l’Oise, est menacée de fermeture ; elle est pourtant de niveau 3, car elle présente les moyens techniques permettant d’encadrer les accouchements les plus difficiles, et réalise 1 600 accouchements par an, bien plus que le seuil de 300 en dessous duquel une maternité est jugée peu sécurisée.

En fin de compte, le gouvernement met en avant le manque de sécurité des maternités qu’il veut fermer, mais ces mesures sont dictées par des décisions de restrictions budgétaires. Dans les maternités où des médecins manquent, plutôt que de saisir ce prétexte pour les fermer, il serait nécessaire d’en recruter. Il faut mettre fin à cette politique d’économies aux dépens de la santé.

Gaëlle Regent