Investisseurs : l’arbre chinois et la forêt occidentale

27 Mars 2019

La visite de Xi Jinping a suscité de multiples commentaires sur le thème « les Chinois achètent tout en France », citant les entreprises reprises par des capitaux chinois et celles où des investisseurs chinois ont acquis des participations. Les chiffres les plus fantaisistes sont avancés.

Le ministère des Affaires étrangères donne les bilans suivants : les capitalistes français ont investi 25 milliards d’euros en Chine, contrôlant 1 100 entreprises où travaillent 570 000 personnes. Il y aurait en France à ce jour 6 milliards d’euros de capital chinois, investis dans 700 entreprises et 45 000 emplois. Même si les investissements chinois en France augmentent désormais plus vite que les investissements français en Chine, on voit que l’avantage reste pour l’instant au vieil impérialisme.

De plus, les entreprises françaises sont présentes en Chine dans les secteurs de pointe, les plus rentables : l’aéronautique en premier lieu, pour les avions, les hélicoptères et les moteurs ; l’énergie avec les centrales électriques ; l’automobile avec Renault et Peugeot ; la banque évidemment. En revanche les investissements chinois en France, outre des participations minoritaires dans un tout petit nombre de grands groupes, se concentrent dans des activités telles que le Club Méditerranée, des parcelles de vignobles bordelais, des laiteries et diverses entreprises rachetées à des fonds de placement américains. La participation chinoise à l’aéroport de Toulouse – d’ailleurs sur le point d’être revendue – a donné lieu à plus de commentaires que de bénéfices. Tout cela constitue certes un beau portefeuille, mais qui reste bien loin du cœur et du coffre de la bourgeoisie hexagonale.

Cette disproportion dans la puissance réelle, mise en évidence par la nature et le poids des investissements, se retrouve évidemment entre la Chine et les autres puissances impérialistes, États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne et Japon.

Aujourd’hui comme hier, le grand capital, français entre autres, fait de très bonnes affaires en exploitant le prolétariat chinois. Et aujourd’hui encore, au-delà des discours, l’État chinois est plus le commis du capital impérialiste dans cette opération qu’une menace réelle pour son hégémonie.

Paul GALOIS