Charles-de-Gaulle express : richards vs banlieusards

27 Mars 2019

C’est le début du chantier du Charles-de-Gaulle express, train rapide qui doit relier la gare de l’Est à Paris à l’aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy. Mais, pour les riverains et les usagers des transports de Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, la lutte continue encore et encore.

Depuis fin janvier, grues et pelleteuses ont envahi la ville. Le 18 février, Michel Cadot, préfet d’Île-de-France, et les porteurs du projet sont venus rencontrer la maire de la ville. À leur insu, cette dernière a transformé le rendez-vous en réunion publique. Environ 700 personnes, ainsi que de nombreux élus de la ligne hostiles au projet, ont répondu à l’invitation.

Selon le préfet et ses accompagnateurs, il faudrait admettre que ce projet, dont le coût s’élève à 2,12 milliards sur cinq ans pour 17 000 passagers prévus par jour à 24 euros le billet, est formidable !

En revanche, rien n’est dit pour les 920 000 passagers quotidiens de la ligne K du RER B, rien sur les nuisances sonores des travaux en cours et plus tard sur le passage d’un train rapide toutes les 7 minutes à 140 km/h, pour les riverains de la ligne. Pas un mot non plus des conséquences du projet sur la circulation locale durant les cinq ans de travaux, alors que le passage de 150 camions par jour est prévu. Pas un mot non plus sur les dégradations des routes, dont la remise en état restera à la charge des communes, donc à celle des contribuables. De tout cela, ils se moquent.

Valérie Pécresse, en visite à Aulnay-sous-Bois, a assuré la main sur le cœur que « la priorité est aux transports du quotidien et à l’arrêt des travaux pour ne pas dégrader les transports de centaines d’usagers ». Elle a aussi dit que Vinci était le maître d’œuvre de ce chantier, ce qui explique peut-être, ce même jour, sa déclaration tout autre devant les caméras de télévision : « Il faut lancer les travaux du CDG express dès maintenant, c’est un transport indispensable pour les touristes et les businessmen. »

Face à toutes ces attaques et à ces déclarations hypocrites, la mobilisation ne faiblit pas. Riverains et usagers se sont organisés et ont régulièrement bloqué le chantier, distribué des tracts pour informer de tout cela les usagers des transports en commun et les habitants de la ville. Ils sont bien décidés à ne pas en rester là.

Correspondant LO