LBD : quelles violences policières ?

13 Mars 2019

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, s’est offusqué que la haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, ait dénoncé les violences policières et l’utilisation du lanceur de balles de défense, LBD, contre les manifestations de gilets jaunes en France : « Il faut s’étonner tout de même de se retrouver dans une liste entre le Venezuela et Haïti, où il y a des morts […] à la suite de manifestations ».

Outre qu’il y a eu au moins la mort d’une femme âgée à Marseille à la suite d’un tir de grenade lacrymogène, le gouvernement cherche à minimiser et lé- gitimer la violence des poli- ciers et des gendarmes contre les manifestants, dont des dizaines ont été mutilés ou défigurés. On parle désormais de vingt personnes éborgnées après des tirs de LBD.

Cette arme ne cesse d’être dénoncée : par les manifestants eux-mêmes bien sûr, mais aussi par le Conseil de l’Europe qui, le 26 février, a demandé la suspension de son utilisation, par des médecins ophtalmologistes qui ont écrit à Macron dès le 6 février pour décrire en spécialistes les ravages de l’arme après un tir touchant l’œil. Dans son rapport annuel, le défenseur des droits, Jacques Toubon, réitère sa demande d’interdiction du LBD contre des manifestants, ainsi que celle de la grenade Gli-F4, contenant une charge de TNT respon- sable de mutilations ou de blessures graves.

Ces dénonciations ne viennent pas de dangereux agitateurs, mais le gouvernement reste droit dans ses bottes à clous. Les discours sur la France « pays des droits de l’homme » sont bons pour le siège de l’ONU ou pour justifier une opération militaire à l’étranger. Mais, dans l’Hexagone, il n’est pas question de prendre à rebrousse-poil les forces de police ou de gendarmerie, encouragées à tirer à vue à coups de balles en plastique, ou la partie de l’opinion publique disposée à les applaudir.

B. S.