Jeunes migrants : le scandale des tests osseux

13 Mars 2019

Mardi 12 mars était examinée par le Conseil constitutionnel une procédure visant à contester l’utilisation des tests osseux pour déterminer l’âge des jeunes migrants.

Pratique exceptionnelle dans le passé, les radiographies de la main pour évaluer l’âge des jeunes migrants isolés arrivant en France sont devenues quasi automatiques. L’objectif du gouvernement en les généralisant est de refouler le plus possible de ces jeunes, originaires souvent d’Afrique subsaharienne ou d’Europe de l’Est, en prétendant s’appuyer sur des critères scientifiques, même lorsqu’ils sont détenteurs de documents d’état civil de leur pays d’origine prouvant qu’ils sont mineurs.

D’après les médecins, ces tests osseux ne sont aucunement fiables, avec une marge d’erreur dans l’évaluation de l’âge de la personne variant de 18 mois à trois ans, voire à six. Les tables de référence sur lesquels ces tests sont censés déterminer un âge approximatif datent des années 1930 et ont été établies à partir d’adolescents de la petite bourgeoisie blanche américaine. C’est dire l’arbitraire de ces procédures qui sont parfois pratiquées sur les mineurs arrivant seuls, traités comme des suspects dès leur arrivée et envoyés dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy.

Pour ces jeunes arrivés seuls en France, les résultats de ces tests peuvent entraîner une aggravation brutale de leur situation. Après un périple de plusieurs années où ils ont subi souvent la violence des mafias et des polices des pays traversés, après avoir réussi à franchir les barbelés toujours plus nombreux qui entourent l’Europe, leur sort peut basculer brutalement. Alors qu’un mineur est censé recevoir ici aide et protection, un migrant reconnu majeur devient un étranger clandestin avec obligation de quitter le territoire. Quand il en avait une, il perd alors sa chambre de foyer et souvent le droit de continuer à suivre une formation professionnelle.

Bien au-delà du caractère scandaleux des tests osseux, c’est toute la politique du gouvernement envers les migrants, et en particulier les plus jeunes, qui est une ignominie. L’État français et sa politique impérialiste sont largement responsables de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les pays d’origine des migrants.

Accueillir dans des conditions dignes tous ceux qui ne demandent qu’à gagner leur pain en travaillant, mineurs ou pas, devrait être une évidence, d’autant plus dans un pays riche.

Les capitalistes de par le monde estiment tout à fait normal qu’eux-mêmes puissent circuler et se déplacer comme ils veulent. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les travailleurs ?

Gilles BOTI