Grand débat : vaste bla-bla

13 Mars 2019

L’opération grand débat, lancée pour tenter de noyer sous un flot de paroles présidentielles l’incendie allumé par les gilets jaunes, devait initialement se terminer le 15 mars. À quelques jours de l’échéance, Macron souhaite manifestement la faire traîner en longueur, retardant le plus possible le moment où il lui faudra apporter des réponses.

Pour jouer les prolongations, des conférences seront donc organisées dans chaque région jusqu’au 23 mars avec des participants tirés au sort. Un débat sera ensuite réservé aux jeunes à Aix-en-Provence. L’Assemblée nationale et le Sénat organiseront aussi leurs propres discussions début avril. Quant à savoir ce qui va se passer, après toutes ces semaines au cours desquelles Macron a pu faire son show en continu sur les écrans de télévision, cela reste encore un mystère. Selon le ministre des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, « le président déploiera les réponses jusqu’à l’été ». Derrière tous ces petits mystères, une nouvelle opération de poudre aux yeux est en cours. Après le grand débat, ce sera « la sortie du grand débat », ou comment faire croire que le président vous a écoutés alors qu’il n’a fait que se moquer de vous.

Les revendications des gilets jaunes n’avaient pas besoin de tant de palabres pour être connues. Elles ont été exprimées pendant des mois sur les ronds-points, dans les manifestations, et une majorité de la population les a alors approuvées. Macron ne risque pas de les satisfaire, car elles vont à l’encontre de ce que le grand patronat exige de lui, qu’il s’agisse de l’exigence d’un revenu permettant de vivre décemment ou de l’arrêt de la fermeture des services publics. Il continue donc sa mise en scène, en essayant de trouver le meilleur scénario pour que tout cela ne se termine pas par les sifflets des spectateurs et un retour de bâton.

Daniel MESCLA