Dépendance : la solidarité à sens unique ?

13 Mars 2019

Le député Stanislas Guerini, porte-parole de La République en marche, a dévoilé dimanche 10 mars quelques propositions que son parti pourrait défendre lors de la prochaine campagne de l’élection européenne.

Parmi les suggestions émanant paraît-il des revendications des gilets jaunes, figure l’instauration d’une nouvelle journée de solidarité destinée à financer la dépendance des personnes âgées.

Cela reviendrait pour les salariés à fournir une journée de travail de sept heures non rémunérée, sur le modèle de celle créée en 2004, un an après la canicule qui avait occasionné une surmortalité d’environ 15 000 personnes. Manque de lits, manque de personnel, pas d’endroit où se rafraîchir un peu, que ce soit dans les hôpitaux ou les maisons de retraite : la scandaleuse insuffisance de moyens et de personnel avait été meurtrière.

Qui allait payer pour pallier les insuffisances du service de santé ? Eh bien, ce seront les salariés, avait décrété le gouvernement Raffarin, qui avait supprimé le congé du lundi de Pentecôte pour les faire travailler gratuitement. Depuis 2008, la date peut être fixée par les entreprises un autre jour férié de l’année (sauf le 1er mai), mais le principe est resté inchangé.

Le parti de Macron reprend donc à son compte le faux prétexte que, puisque l’on vit de plus en plus vieux, c’est aux travailleurs d’être solidaires des anciens et de financer en partie leur dépendance. Comme s’ils ne se l’étaient pas depuis longtemps financée eux-mêmes par leur travail !

Mais en même temps le gouvernement continue de fermer des structures hospitalières, réduit encore plus le personnel et, surtout, se garde bien de demander aux possédants, aux actionnaires de grandes sociétés multimillionnaires, de verser le moindre centime pour la santé et le bien-être des vieux travailleurs.

Marianne LAMIRAL