Yvelines : la campagne mazoutée

06 Mars 2019

Les 24 et 25 février, 900 m3 de pétrole brut se sont déversés à quelques kilomètres du célèbre zoo de Thoiry, après la rupture d’un pipeline exploité par le trust Total.

Huit à dix hectares de champs et des cours d’eau sont touchés, augmentant les risques de pollution de la nappe phréatique. Total a déclaré prendre en charge le coût du chantier de restauration et les frais d’indemnisation des agriculteurs. Le ministre de l’Écologie quant à lui a dit qu’il sera extrêmement ferme vis-à-vis de Total, ce qui ne doit pas faire trembler beaucoup le groupe.

Certains riverains et des écologistes ne font à juste titre confiance ni à l’un ni à l’autre pour la dépollution. Ils contestent aussi le fait que le pollueur Total soit le seul à effectuer des mesures pour évaluer le degré de pollution, comme si la police demandait à un voleur d’évaluer le montant de son larcin ! Effectivement, pour avoir gain de cause, il faut pouvoir contrôler Total, et que ses promesses se transforment bien en actes.

Cette fuite de pétrole n’est en fait ni surprenante ni nouvelle. D’après un élu écologiste de la région francilienne, « on se trouve face à un vieillissement des réseaux de pipeline, avec des ruptures un peu partout en Europe ». Ainsi la conduite en question a plus de cinquante ans et a déjà été à l’origine d’une fuite en 2014, à proximité du Havre.

S’il s’agissait de la conduite alimentant en profit les caisses des gros actionnaires de Total, pas de doute que des travaux de rénovation auraient été faits depuis longtemps !

A.L.