Secteur sucrier : contre les fermetures de sites

06 Mars 2019

Vendredi 1er mars, près de 400 personnes se sont rassemblées devant la sucrerie de Cagny, dans le Calvados, et plus de 300 devant celle d’Eppeville dans la Somme, à l’appel de la Confédération générale des planteurs de betteraves.

Elles protestaient contre l’annonce de la fermeture des deux sucreries appartenant à Saint-Louis Sucre, premier producteur européen et propriété du groupe allemand Südzucker. Le plan de restructuration prévoit aussi la quasi-fermeture du site de conditionnement de Marseille, où 53 emplois doivent être supprimés. En 2015, il y avait déjà eu un plan de départ de 80 personnes.

La campagne étant finie, peu de salariés travaillaient ce jour-là dans les sucreries et le rassemblement réunissait essentiellement des planteurs – plus de 1 200 sont concernés, gros et petits, autour de chaque site – ainsi que des salariés des sucreries et d’entreprises des environs, et des gilets jaunes.

Les représentants des planteurs ont regretté que Südzucker n’ait pas fait le choix de réduire la production sur tous ses sites sans en fermer aucun, en attendant que le marché reprenne.

Certains représentants des planteurs ont aussi évoqué la possibilité que les sucreries soient reprises par eux ou par d’autres groupes sucriers. Mais le groupe n’envisage pas de vendre.

Les élus ont invoqué les responsabilités de l’Europe et le « manque de loyauté » de l’entreprise, qui a reçu 8,8 millions d’euros d’aides publiques au titre de crédit impôt CICE. Une sénatrice des Bouches-du-Rhône dénonce, en référence aux suppressions de postes de 2015 : « Quand une entreprise ne joue pas le jeu, elle ne doit pas conserver le financement de l’État. » La situation de l’entreprise Saint-Louis ne fera que confirmer l’hypocrisie de ces discours sur l’emploi, qui masquent le choix des gouvernements de servir les grands groupes industriels.

Un député du Calvados a choisi de s’attaquer à la nationalité du propriétaire de Saint-Louis Sucre, comme si les groupes français n’avaient pas le même comportement ! Comme les autres groupes internationaux, Südzucker n’a que faire de la situation des betteraviers ou des ouvriers qui font sa fortune.

Dans le Calvados ou dans la Somme, la fermeture entraînerait une catastrophe sociale, toucherait directement les travailleurs concernés et indirectement bien des commerces, d’autant que personne ne croit aux reclassements promis par la direction.

Les négociations de celle-ci avec les syndicats doivent commencer après le 12 mars, qui est le jour des élections des représentants du personnel des usines Saint-Louis. Quoi qu’il en soit, les travailleurs ne doivent pas accepter d’être sacrifiés pour les intérêts des capitalistes du secteur.

Correspondant LO