Retraites : partir tôt, une nécessité

06 Mars 2019

L’âge moyen du départ en retraite pour les travailleurs du secteur privé a augmenté et atteint près de 63 ans, soit deux mois et demi de plus en un an, et cela en tenant compte des départs anticipés des travailleurs aux carrières longues ou souffrant d’un handicap qui, eux aussi, partent plus tard, après 60 ans.

Ce bilan fait par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) pour l’année 2018 n’a rien d’étonnant. Bien des travailleurs, dont la carrière est parsemée de périodes de chômage ou, pour les travailleuses surtout, d’arrêts pour élever les enfants, sont bien obligés de continuer à travailler, pour percevoir une retraite souvent bien insuffisante par rapport au coût de la vie.

L’âge légal de départ à 62 ans, que le gouvernement Macron jure de pérenniser, est donc déjà dépassé dans les faits. Certes, des travailleurs bénéficient encore d’un régime spécial, à la SNCF, la RATP, dans les hôpitaux, etc. Ils ont eux aussi subi l’alignement sur les 42 annuités de cotisations pour toucher une retraite à taux plein, mais ils peuvent encore partir en retraite entre 52 et 58 ans. C’est ce régime, présenté comme un privilège, dont le haut-commissaire à la réforme, Jean-Paul Delevoye, a commencé à discuter avec les syndicats et le patronat.

Mais prendre sa retraite à un âge où on est encore en bonne santé, avoir une pension qui permette une vie décente, avoir la possibilité de profiter de ses loisirs sans rogner sur la moindre dépense, ce n’est pas un privilège, cela doit être un droit pour tous les travailleurs. Et ce serait aux capitalistes qui les ont exploités de le payer.

Delevoye et le gouvernement semblent pour le moment préférer ne pas faire trop de vagues. Il y a la perspective des élections. Mais il y a eu aussi le mouvement des gilets jaunes, dont beaucoup de retraités ont fait partie. Cela ne peut qu’encourager les travailleurs à se préparer à résister à de futures attaques contre le système des retraites.

Sylvie MARÉCHAL