Nièvre : Monopoly capitaliste aux dépens des emplois

06 Mars 2019

Dans la Nièvre, depuis quelques semaines, on assiste à quelques grandes manœuvres patronales qui peuvent entraîner de nombreuses pertes d’emplois.

À Nevers, l’entreprise U-Shin (ex-Valeo) fait l’objet d’une OPA (offre publique d’achat) de la part d’un autre groupe japonais, Minea Mitsumi. Dans le jargon capitaliste, cette offre d’achat est dite amicale. Elle l’est peut-être pour les actionnaires d’U-Shin, qui récupèreront leur argent, mais qu’en est-il pour les travailleurs ? Si U-Shin, qui il n’y a pas si longtemps rachetait Valeo, s’en débarrasse maintenant, ils ont tout intérêt à se méfier !

C’est aussi le cas pour les travailleurs de l’hypermarché Géant à Nevers, qui vont être repris par Intermarché. Le groupe Géant-Casino dit que le magasin n’est pas rentable et a donc trouvé une autre enseigne pour le reprendre. Mais Intermarché aussi est là pour faire le plus possible de bénéfices. Il y a donc tout à craindre que l’opération ne se solde par des économies et donc des attaques contre les travailleurs de Géant. Et qu’en sera-t-il des autres magasins Intermarché de l’agglomération ?

À La Machine, c’est l’entreprise Sonimetal qui a licencié 13 travailleurs (soit la moitié de ses effectifs). Spécialiste de l’éclairage, cette entreprise a été rachetée par Debbas France, qui fait partie du groupe international Debbas Industry. La société Sonimetal a été reprise en location-gérance depuis 2015 par Debbas France, qui ferait des déficits. Mais quels sont les comptes de Debbas Industry, une société basée à Beyrouth et bien implantée au Moyen-Orient ? Les déficits d’un site peuvent se transformer en profits d’un autre. Les travailleurs de La Machine font les frais d’un Monopoly industriel où les actionnaires ne sont sûrement pas perdants.

À Varennes­-Vauzelles et Cosne-sur-Loire, ce sont les travailleurs des deux magasins Conforama (sponsor officiel de la Ligue 1 de football) qui ne savent pas quel va être leur avenir. Le groupe sud-africain Steinhoff, qui avait racheté Conforama en 2011 au groupe Pinault, vient en effet de mettre en vente tous les magasins Conforama et 2 000 suppressions d’emplois seraient prévues.

Les magasins seront-ils vendus, fermés ? Pour l’instant, même les militants syndicaux de Conforama ne sont pas au courant. Mais les travailleurs constatent que les conditions de travail sont de plus en plus dures.

Ces tripatouillages patronaux de période de crise se font toujours au détriment des travailleurs. Mettre les comptes de ces sociétés capitalistes sous le contrôle des travailleurs, rendre publiques leurs malversations, serait le premier pas pour les empêcher.

Correspondant LO