Égalité : urgent de ne rien faire ?

06 Mars 2019

À la suite d’un décret censé promouvoir l’égalité hommes-femmes, publié le 9 janvier dernier, les 1 400 entreprises de plus de 1 000 salariés en France avaient jusqu’au 1er mars pour publier leurs résultats en matière d’égalité salariale.

Chaque entreprise doit déterminer une note sur une échelle de 100. Cinq critères sont pris en compte pour l’établir : les niveaux de salaire à poste et âge comparables, les augmentations, les promotions, les conditions au retour de congé maternité, et la part des femmes parmi les dix plus hautes rémunérations. Les entreprises comptabilisant moins de 75 points sur 100 ont trois ans pour régulariser leur situation, sinon elles devront payer des amendes.

La législation antérieure à ce décret prévoyait déjà des amendes pour les patrons qui n’appliquent pas l’égalité salariale, et même la prison s’il est prouvé qu’ils ont récidivé. Mais ces lois ne sont jamais appliquées.

Quant au nouveau dispositif, il a, paraît-il, été plébiscité par les directeurs des ressources humaines des grands groupes. Il n’impose strictement rien aux patrons et le plus choquant dans ce décret est bien que ce sont les dirigeants des entreprises eux-mêmes qui publient leurs résultats. Quitte à faire quelques contorsions, pour maquiller leurs chiffres de manière crédible.

Dans les faits, ce nouveau décret est tout sauf une arme supplémentaire pour lutter contre le sexisme au travail.

Aline URBAIN