Conforama : aux actionnaires de payer !

06 Mars 2019

À Conforama, 2 000 emplois pourraient être menacés sur 9 000 en France et 14 000 en Europe.

Le groupe sud-africain Steinhoff, propriétaire du groupe européen d’ameublement, voudrait mettre en vente l’entreprise d’ici à l’été pour environ 600 à 700 millions d’euros. Soupçonné d’avoir artificiellement gonflé ses résultats, il a vu sa capitalisation boursière s’effondrer de plus de 12 milliards d’euros en quatorze mois. Son endettement s’élèverait à 10 milliards d’euros, tenu notamment par des fonds spéculatifs. Le dossier est dans les mains du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), dont le rôle est, entre autres, de trouver des repreneurs fiables. Le CIRI a dernièrement traité les dossiers de l’équipementier automobile GM & S et de l’aciérie Ascoval, ce qui en dit long sur le peu de garanties que les travailleurs peuvent attendre du travail de ce comité.

« À chaque fois que l’on pose des questions à la direction, on nous répond que Conforama est autonome, que tout va bien, que nous ne sommes pas touchés par ce qui se passe au niveau de l’Afrique du Sud », a déclaré Aziz Boucherit, responsable CGT chez Conforama en France. Mais les travailleurs sont convaincus que tout ne va pas bien car, du fait du secret des affaires, ils ne peuvent rien savoir de précis.

D’après le journal le Figaro, le groupe But, une autre enseigne de l’ameublement, serait sur les rangs pour le rachat de Conforama. Mais nombre de travailleurs savent qu’une telle opération peut être un prétexte aux suppressions de postes.

Achat et revente, spéculation à tout-va, les actionnaires voudraient faire payer la note aux travailleurs pour sauvegarder leurs profits.

Aline RETESSE