Fraude fiscale : UBS condamné… mais pas près de payer

27 Février 2019

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné la banque suisse UBS à 3,7 milliards d’euros d’amende mercredi 20 février pour démarchage bancaire illégal et blanchiment aggravé de fraude fiscale. Des peines de prison avec sursis et de lourdes amendes ont été aussi prononcées à l’encontre de cinq des six anciens cadres de la banque.

UBS est la plus grande banque de gestion de fortunes du monde. Cela implique un certain savoir-faire : entre autres démarcher de richissimes Français pour ouvrir des comptes illégaux en Suisse. La banque organisait des événements mondains pour attraper le poisson, guère farouche pour ce type de pêche il est vrai. L’enquête, ouverte en 2012 après les révélations d’un lanceur d’alerte, a porté sur les années 2004 à 2012. 38 000 comptes auraient été ouverts pour un montant de 10 milliards d’euros. Aucun des riches fraudeurs français repentis ne s’est retrouvé sur la paille après l’aveu de posséder un compte UBS. Il suffisait de passer par la cellule de dégrisement du fisc français, qui a récupéré 3,7 milliards d’euros cachés sur les comptes UBS, bien en dessous des sommes qui ruisselaient jusqu’en Suisse.

3,7 milliards, c’est le montant de l’amende infligée par le tribunal correctionnel de Paris à UBS et la somme a fait couler beaucoup d’encre. À lire les commentateurs, le verdict démontrerait que l’évasion fiscale, les paradis fiscaux, en France en particulier, sont dans le collimateur et seront bombardés à boulets rouges jusqu’à ce que les banques et les riches deviennent vertueux, cessent de dérober à l’impôt des milliards et des milliards.

Le passé d’UBS démontre en quoi tout cela n’est qu’un conte pour enfant : en 2009 déjà, la banque suisse avait dû payer aux États-Unis 780 millions de dollars d’amende pour les mêmes délits. Rien ne dit quand UBS paiera ni même qu’elle paiera car, le verdict à peine prononcé, la banque a fait appel et relance donc pour des années encore la procédure juridique. La banque suisse joue donc la montre mais, comme chaque capitaliste l’apprend dans les langes, le temps c’est de l’argent.

Boris SAVIN