Ehpad – Bavilliers : aux petits soins pour les banquiers

27 Février 2019

Mercredi 20 février, le personnel du Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) du Chênois, à Bavilliers, dans le Territoire de Belfort, était appelé à la grève par la CGT, soutenue par la CFDT. Les grévistes se sont rassemblés devant le « Château » de l’administration pour protester contre les nouvelles organisations des services, non seulement sans effectif supplémentaire, déjà cruellement insuffisant, mais en continuant à supprimer des postes.

Le Chênois, Ehpad public du département et unité de soins de longue durée, est en cours de transfert dans de nouvelles constructions. 270 résidents sur les 400 hébergés viennent d’emménager dans les premiers bâtiments ouverts. La direction, qui est désormais commune à celle de l’Hôpital Nord Franche-Comté, ainsi que l’ARS, ont alors imposé une réorganisation de tous les services, en cherchant à rentabiliser au maximum les effectifs en supprimant quinze postes d’aides-soignantes et cinq d’infirmières.

Cette réorganisation a provoqué une aggravation des conditions de travail, rendues épuisantes pour le personnel et indignes pour les résidents. Les aides-soignantes peuvent tout juste faire des toilettes bâclées, des douches rarement. À deux pour 18 résidents ayant besoin d’aide au repas, il faudrait l’expédier en cinq minutes. Les infirmières, deux le matin et le soir sur trois étages, pour 90 patients, déments en majorité, doivent courir sans arrêt sans pouvoir leur prêter attention. Le ménage, beaucoup plus important qu’avant, ne peut pas être assuré quotidiennement dans ces nouvelles chambres même avec le renfort d’entreprises extérieures. Des familles l’ont fait après douze jours de délaissement.

Le jour de la grève, la colère dans les services était bien visible et affichée. Lors du rassemblement auquel ont participé une cinquantaine d’agents, certains assignés, plusieurs en repos ou en congés, le mépris sans bornes à l’égard des résidents a aussi été dénoncé. L’un d’eux s’est indigné de ce qu’ils doivent payer pour l’hébergement en étant plus « maltraités » dans leurs nouveaux locaux : 2 000 à 2 500 euros par mois, et ils viennent de subir une nouvelle augmentation de 160 euros.

À la fin des prises de parole, le directeur général venu rencontrer une délégation n’a su que redire : « Il n’est pas prévu d’embaucher. »

Mais alors, où passe l’argent ? Aux 100 000 euros par an qui contribuent à financer le Pôle logistique (blanchisserie, cuisine) commun avec l’hôpital, dès 2019 il s’en ajoute un million destiné au financement des « investissements » dans les bâtiments neufs pour lesquels l’État n’a rien déboursé. Et en 2020, quand ils seront tous ouverts, les annuités atteindront 1,5 million d’euros pour rembourser les banques qui ont prêté l’argent nécessaire. Les caisses du CHSLD public sont pillées pour rembourser les banquiers, c’est pourquoi il reste de moins en moins d’argent pour soigner dignement les résidents.

Après cette journée réussie, de nouveaux préavis de grève et des manifestations sont prévus pour obtenir des embauches et desserrer l’étau des financiers.

Correspondant LO