Des contrôles insupportables

27 Février 2019

Depuis plusieurs semaines, des réactions de colère de travailleurs au chômage ont éclaté, en particulier face à la multiplication des courriers les menaçant de radiation de Pôle emploi et de suppressions d’allocations.

Après des actions devant des agences de Pôle emploi de Saint-Étienne en janvier, la plate-forme de Pôle emploi spécialisée dans le contrôle des chômeurs à Chantepie près de Rennes a été envahie le 15 février. Vendredi 22 février, de nouvelles actions ont eu lieu devant des sites de Pôle emploi dans le 18e arrondissement de Paris, à Toulouse, à Lyon, à Besançon.

Le mécontentement se cristallise contre le décret passé en catimini par le gouvernement entre Noël et le Nouvel An. Il augmente les possibilités de supprimer tout ou partie de l’indemnisation des chômeurs en cas de « manquement à l’obligation de recherche active d’emploi ». En plus de l’obligation de tenir à jour sur Internet un carnet de recherche d’emploi, les chômeurs ne pourront plus refuser une offre d’emploi en faisant référence au montant de leur ancien salaire. Au deuxième refus d’une offre, les sanctions financières iront d’un mois de perte à la suppression totale de toute indemnisation. Le risque est de voir toujours plus de chômeurs perdre toute allocation.

Pour imposer cette généralisation de la chasse aux chômeurs que bien des conseillers de Pôle emploi refusent, le contrôle des chômeurs va être concentré dans des équipes spécialisées sous l’autorité des directeurs régionaux de Pôle emploi. Alors que 4 000 postes de conseillers occupés à accompagner les chômeurs doivent être supprimés d’ici 2020, le gouvernement a prévu au contraire d’augmenter les effectifs des contrôleurs à plus de 1 000 d’ici l’année prochaine.

Limitées, les actions des chômeurs regroupent pour l’instant surtout des militants d’association d’aides aux chômeurs, des militants syndicaux et aussi des gilets jaunes. Mais c’est l’intérêt de toute la classe ouvrière de se mobiliser contre les menaces de suppressions massives des allocations chômage et le basculement vers la misère qui en découle.

Les attaques contre les chômeurs font partie d’une offensive d’ensemble contre le monde du travail, visant à rendre les travailleurs corvéables à merci pour des salaires dérisoires. La situation nécessite non seulement d’interdire les licenciements, mais aussi de répartir le travail entre tous les bras disponibles tout en imposant le maintien des salaires.

Gilles BOTI