Centres de rétention : de plus en plus inhumains

27 Février 2019

Trois tentatives de suicide la semaine dernière dans le centre de rétention de Coquelles, dans le Pas-de-Calais, illustrent dramatiquement le désespoir des migrants se heurtant à l’inhumanité des autorités.

Plus de 50 000 personnes sont enfermées chaque année – un nombre en augmentation – dans les centres de rétention administrative français où la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté note que « le recours aux chambres de mise à l’écart est susceptible de constituer un traitement inhumain et dégradant ». Or cette pratique, aux dires des détenus, est souvent utilisée à Coquelles : « Parfois, lorsqu’on râle, on peut être amené à l’isolement durant trois jours avec juste un morceau de pain », dénonce l’un d’eux.

Ce sont de véritables prisons où le gouvernement, grâce à la récente loi Asile et immigration, enferme les réfugiés de plus en plus longtemps, la durée maximale étant passée de 45 à 90 jours de rétention. Or même les juges sont obligés d’en faire libérer plus d’un tiers car leur rétention est abusive au vu des lois et circulaires qui criminalisent pourtant de plus en plus l’immigration.

Sur cette planète hérissée de frontières, les bourgeois se déplacent à loisir et ont toute liberté de faire circuler leurs capitaux, encouragés par les gouvernements. Mais pour les pauvres et les exploités du monde entier, la simple liberté de circulation reste à conquérir.

Lucien DÉTROIT