TGV : la vitesse s’éloigne

20 Février 2019

Pendant que Macron et son gouvernement prennent la pose du grand débat, soucieux de paraître écouter les doléances de ceux qui vivent loin des grandes villes et se sentent négligés par un État fermant les services utiles au quotidien, la SNCF se prépare à supprimer des arrêts TGV et donc la desserte de villes moyennes.

Le train à grande vitesse dessert 230 gares dans le pays. Mais la direction de la SNCF, entreprise publique que l’État oriente vers la privatisation, réduit la voilure sur les lignes qu’elle ne juge pas assez rentables. Elle souhaite diminuer son offre de TGV de 2 % par an et vient ainsi de supprimer deux trains quotidiens sur les sept de la ligne Paris-Chambéry-Annecy.

Dans le nord du pays, ce sont les dessertes régionales TGV de huit villes qui sont sur la sellette. Le TGV ne s’arrêtera peut-être plus à Boulogne-sur-Mer, Calais, Dunkerque, Hazebrouck, Béthune, Lens, Valenciennes et Douai. Les habitants de ces villes et de leurs alentours devront donc d’abord prendre des trains régionaux pour se rendre à Lille ou Arras afin de monter à bord d’un TGV. Cela augmentera leur temps de parcours pour se rendre à Paris, par exemple.

Évidemment cette politique de réduction des dessertes TGV s’ajoute aux fermetures de lignes secondaires (dont la gestion est abandonnée aux régions), aux suppressions d’emploi de cheminots qui désertifient toujours plus de gares, etc.

Les capitalistes qui lorgnent vers le transport ferroviaire ont comme priorité la recherche du profit. Les satisfaire est contradictoire avec un service de qualité rendu à toute la population.

Lucien DÉTROIT