Arjowiggins – Sarthe : ce n’est pas aux travailleurs de payer !

20 Février 2019

En Sarthe, les travailleurs des deux usines Arjowiggins sont menacés de chômage, tout comme ceux de Jouy-sur-Morin en Seine-et-Marne. 568 salariés à Bessé-sur-Braye et 262 à Saint-Mars-la-Brière, cela fait plus de 800 emplois menacés pour le département.

Les conséquences seraient dramatiques pour la ville de Bessé-sur-Braye, où la papeterie est la dernière usine et le principal employeur de tout le sud du département, déjà bien sinistré.

Mais, malgré la menace que représente pour les travailleurs le placement en redressement judiciaire des usines Arjowiggins, l’attitude des syndicats de ces entreprises est loin d’y répondre comme il faudrait. Avec la direction de l’entreprise et les politiciens locaux, c’est l’union sacrée pour lanterner les travailleurs sur un potentiel repreneur. Selon la direction, il ne faut pas faire de vagues pour ne pas inquiéter un quelconque repreneur.

Ne pas faire de vagues ? Mais le groupe Sequana qui dirige Arjowiggins, avec un chiffre d’affaires de 2,8 milliards en 2017, pourrait tout à fait maintenir les emplois en rognant un peu de ses bénéfices. Pourquoi ne pas faire de vagues, alors que l’État, qui détient 15 % du capital de Sequana, est complice de cette attaque ? Les travailleurs doivent-ils attendre que les patrons, avec la complicité de l’État, aient exploité l’entreprise jusqu’à la dernière goutte de profit et aient mis au rebut des usines en pleine capacité de fonctionner ?

Aujourd’hui, une grande partie des salariés est au chômage technique, ce qui permet à la direction d’éviter qu’ils se retrouvent regroupés et que la colère individuelle des travailleurs se transforme en action collective. Ce ne sont pas les deux marches de solidarité qui ont eu lieu à Bessé-sur-Braye, élus locaux en tête, qui auront permis que les intérêts des travailleurs d’Arjowiggins s’expriment.

Finalement, la seule offre de reprise faite à ce jour laisserait quand même plus de 200 travailleurs sur le carreau, tout en réclamant une aide de l’État de 22 millions. Une situation inacceptable que de plus en plus de travailleurs commencent à mesurer.

Correspondant LO