Plan santé : des moyens ridicules

13 Février 2019

Mercredi 12 février, la ministre Agnès Buzyn a présenté son projet de plan Ma santé 2022. Macron l’avait déjà annoncé en osant dire : « Notre système ne souffre pas d’un manque de moyens. »

Effectivement, des moyens il n’y en aura quasiment pas dans ce énième plan puisque le gouvernement parle de 3,4 milliards d’euros d’ici 2022 et d’une rallonge de 400 millions pour 2019. Ce n’est rien, et c’est même ridicule.

Interrogée mardi 12 février sur France Inter, la ministre de la Santé a osé répondre, à des médecins hospitaliers dénonçant la situation dans leurs services surchargés, que tout n’était qu’un problème d’organisation ; elle-même, quand elle travaillait à l’hôpital, savait gérer les problèmes des malades et bien les orienter...

Alors dans ce plan Santé 2022, l’essentiel, puisque les moyens ne sont pas là, sera de réorganiser. Buzyn veut répartir les activités entre trois types d’hôpitaux, ceux prenant en charge les soins dits de proximité, ceux des soins spécialisés (chirurgie, maternité) et ceux disposant de plateaux techniques de pointe. Mais il faudra attendre 18 mois après le vote de la loi pour savoir quels services, voire quels hôpitaux, seront fermés. Et ce n’est pas l’annonce de la création de 300 maisons de santé (il y en a actuellement 900) qui résoudra le problème des déserts médicaux.

Contre ceux-ci, Buzyn annonce aussi la suppression dès la rentrée 2020 du numerus clausus, ce système de sélection des médecins mis en place dans les années 1970. Mais là aussi il n’est pas question de se donner les moyens de former tous les médecins qui manquent car il y aura toujours une sélection en fin de première année, dont les critères seront précisés plus tard. Et en attendant, les malades continueront à attendre plusieurs mois pour obtenir des rendez-vous chez des spécialistes.

D’autres mesures annoncées par Macron n’ont pas été retenues pour le moment, comme la réforme du financement des hôpitaux, la création de 4 000 postes d’assistants médicaux ou de 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé. Mais, « grand débat » oblige, la concertation est en cours...

Alors que la Santé est depuis des années soumise à l’austérité, que la situation s’y dégrade et que la population en souffre au quotidien, Macron ose présenter un plan aux moyens ridicules. Pour sauver un système de santé en crise, il faut un plan d’urgence et il faut le financer en prélevant des milliards sur les profits du grand patronat. En fait de santé, ce plan n’est qu’un cautère sur une jambe de bois.

Cédric DUVAL