Partis de gauche : mentir ensemble ou séparément ?

13 Février 2019

L’approche des élections européennes et la promesse d’une nouvelle déroute agitent les partis de gauche.

Après avoir perdu la présidence, l’Assemblée nationale, le Sénat, les présidences de région, ils risquent de se voir réduits à la portion congrue au Parlement européen. L’émiettement actuel empêchera même bien des listes concurrentes de passer la barre des 5 % nécessaires pour avoir des élus.

Les négociations entre partis n’ayant rien donné, Benoît Hamon a sorti de son chapeau une « votation citoyenne » qui permettrait de désigner une tête de liste et d’effectuer un panachage au prorata des voix obtenues par chaque famille. L’ex-ministre socialiste écarte la question d’éventuelles divergences, affirmant que toute la gauche est d’accord sur les grandes lignes, que tout le monde pourra faire valoir ses nuances et que, avec sa proposition, au moins il y aura des élus.

C’est un rare exemple de franchise de la part d’un vieux routier de la politique parlementaire. Oui, toute cette gauche est en effet d’accord sur l’essentiel : se faire élire avec les voix des travailleurs pour gouverner dans l’intérêt des capitalistes. C’est même très exactement à cause de cela qu’elle a perdu son électorat au fil de ses passages au gouvernement, suscitant l’abstention massive des quartiers populaires, nourrissant le vote Le Pen de ses trahisons successives. Devant la déroute, chacun, de Mélenchon à Hamon, a voulu monter sa petite chapelle en affirmant : « Je n’y suis pour rien, c’est la faute des autres ». Mais tous sont prêts à refaire la même chose, ensemble ou séparément, quitte même à faire les pieds au mur si cela peut leur rapporter quelque place.

Paul GALOIS