Loi Blanquer : son école n’inspire pas confiance

13 Février 2019

La loi Blanquer, dont les députés ont commencé l’examen lundi 11 février, prétend former une « école de confiance ». Pourtant, alors que le gouvernement vient de se féliciter des classes à 12 élèves pour l’apprentissage de l’écriture et de la lecture, il prévoit de fermer de nombreuses classes dans les différents départements.

Pour assurer le nombre d’enseignants nécessaire à la formation de classes à 12 élèves dans deux niveaux et dans les écoles les plus en difficulté, Blanquer supprime des postes dans les autres niveaux. Ainsi, dans les Deux-Sèvres, 33 fermetures de classes sont prévues pour 8 ouvertures, dans le Pas-de-Calais, 57 fermetures pour 3 ouvertures, ou encore dans l’Aisne, 43 fermetures pour quelques ouvertures. Il n’y a pas de quoi créer la confiance concernant les conditions de travail des enfants et des enseignants. Les mobilisations dans tout le pays le montrent.

À partir de la rentrée 2019, la scolarité obligatoire sera fixée de 3 à 16 ans. C’est une décision aux conséquences limitées, car seuls 26 000 enfants ne sont pas encore scolarisés à 3 ans, mais elle ouvre l’obligation pour les collectivités de financer les écoles maternelles privées. Cela représente une somme entre 100 000 euros et 150 000 euros à l’échelle du pays, qui manquera à d’autres services rendus au public.

Puisque la disparition des contrats aidés complique beaucoup la tâche des directeurs d’école, Blanquer prévoit de créer des établissements publics des savoirs qui regrouperaient un collège et une ou plusieurs écoles. Les 7 400 directeurs d’école devront dans ce cas passer sous la coupe des principaux de collège, ou disparaître.

Différents amendements reflètent des idées réactionnaires en vogue, comme le port de l’uniforme ou l’obligation de chanter la Marseillaise à l’école. Combien obtiendront l’aval des députés, alors que l’ambiance est à prôner l’obéissance, le nationalisme et à fustiger tous ceux qui s’opposent à la politique menée par le pouvoir ?

La loi ouvre aussi des possibilités d’expérimentation, non exploitées aujourd’hui mais qui pourront s’imposer petit à petit sans intervention législative. Derrière le verbiage pédagogique, l’objectif est de faire avaler des baisses de budget conséquentes quitte à donner un poids supplémentaire à l’école privée.

Inès Rabah