Gilets jaunes : violences policières et discours mensongers

13 Février 2019

Pour le treizième samedi consécutif depuis le début du mouvement des gilets jaunes, plus de 50 000 personnes se sont encore mobilisées le 9 février. Le gouvernement, lui, a cherché, comme il le fait depuis des semaines, à monter en épingle les heurts entre manifestants et policiers.

Comme après chaque manifestation des gilets jaunes, gouvernement et médias ont voulu les accuser d’une violence inadmissible. La tentative d’incendie de la maison possédée dans le Finistère par le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a fait couler beaucoup d’encre. « La limite a été franchie », a déclaré Ferrand, pour qui s’attaquer à son bien est tout simplement s’en prendre à la République. En réalité, on ne sait pas exactement quand a eu lieu l’incendie de cette maison inhabitée. Et si, pour la police, une couverture, un résidu de pneu et une torche artisanale retrouvée à l’extérieur sont les preuves qu’il s’agit bien d’une tentative criminelle, rien ne la relie aux manifestations des gilets jaunes. Et puis Richard Ferrand, qui a dit qu’il s’agissait d’une violence inédite sous la Ve République, devrait se rappeler qu’il y a deux ans, en 2016, des agriculteurs en colère avaient déjà ciblé sa maison, déversant devant elle paille, gravats et fumier, pour y mettre ensuite le feu.

Les médias ont aussi largement montré ce véhicule de police Vigipirate incendié durant la manifestation parisienne, en laissant entendre que s’attaquer à un véhicule de cette mission était presque un acte de collusion avec le terrorisme. Le gouvernement essaie volontairement de dramatiser la situation, en oubliant au passage que le problème est d’abord la violence de l’action policière, responsable encore ce jour-là d’une main arrachée chez un manifestant. Faire croire que l’ordre républicain est menacé permet au gouvernement d’apparaître comme le garant de cet ordre, qu’il faudrait soutenir face au chaos menaçant. Les dirigeants de l’opposition, de Le Pen à Mélenchon, disent au contraire se placer plus ou moins depuis le début du côté de la contestation des gilets jaunes. Mais les uns comme les autres ne cherchent qu’à utiliser ce mouvement à leur profit, politique et électoral.

Pour échapper à toutes ces tentatives de récupération politiciennes, il faut se placer clairement sur le terrain de la défense des intérêts des travailleurs.

Pierre ROYAN