Maisons de services au public : en manque de financement

06 Février 2019

Le 31 janvier, le gouvernement a annoncé vouloir créer 500 maisons de services au public supplémentaires, s’ajoutant aux 1 300 existantes. « L’objectif, c’est qu’il puisse y en avoir tellement sur le territoire que ce soit simple pour toute personne qui souhaite être accompagnée », a déclaré le Premier ministre Édouard Philippe, sans préciser comment elles seraient financées.

Hébergées pour beaucoup dans des bureaux de poste qui ont fermé (7 000 sur 14 000 depuis 2005) ou dans des locaux municipaux, ces maisons de services au public doivent aider les usagers dans leurs démarches qui nécessitent l’usage d’un ordinateur et elles sont censées remplacer les guichets de proximité qui ont disparu. À Pôle emploi, à la Sécurité sociale, à la Caf, la plupart fonctionnent avec deux, voire un seul agent. Implantées majoritairement dans des communes de moins de 5 000 habitants, plus rarement dans un quartier populaire d’une ville, elles ont été fréquentées par 375 000 personnes l’an dernier et pourraient répondre à un réel besoin, si elles disposaient des moyens humains et matériels nécessaires.

Or les différentes administrations qu’elles sont censées remplacer ne financent qu’un quart du budget, au travers d’un fonds qu’elles ont constitué.

Ce sont les collectivités locales et les associations qui à elles seules procurent aux maisons de services au public la moitié de leur budget, un fonds d’État apportant le quart restant. Le financement de l’État est resté stable depuis 2014, malgré la croissance de leur nombre et de leur fréquentation, entraînant un déficit, comme les députés ont pu le constater en examinant le budget 2019, mais il n’a pas été prévu de crédits supplémentaires. Quand le Premier ministre déclare que le gouvernement entend développer les maisons de services au public, c’est purement et simplement un mensonge.

J. S.