La Redoute – Roubaix Wattrelos : face à une direction de combat

06 Février 2019

La Redoute, vendue en 2014 par le richissime Pinault à des cadres, a été revendue en 2017 à la famille Moulins-Houzé, 23e fortune de France, propriétaire des Galeries Lafayette et de 11 % des actions de Carrefour. Les actionnaires changent, les conditions de travail deviennent plus dures.

À Quai 30, le nouveau nom du site logistique pour l’expédition des colis, 550 salariés travaillent en équipes de semaine et de week-end, jours fériés compris. Un flicage permanent pèse sur les travailleurs, avec de fortes pressions sur les productions.

Il y a quelques semaines, des salariés ont échangé sur leur Facebook personnel des commentaires dénonçant d’éventuelles sanctions concernant des collègues qui s’étaient rendus aux toilettes sans prévenir leur responsable. Ils ont été accusés de donner une mauvaise image de marque de l’entreprise sur Facebook. Quatre salariés convoqués ont reçu des sanctions inadmissibles : l’une a été carrément licenciée, et les trois autres ont eu trois jours de mise à pied.

D’autres convocations sont en cours pour des motifs toujours plus insensés, comme une accusation d’avoir rendu avec quelques jours de retard un arrêt pour enfant malade !

Les travailleurs de Quai 30 n’ont pas été sans réagir. À chaque entretien, dans chacune des équipes, entre une vingtaine et une cinquantaine de travailleurs, sur une centaine, ont participé à des débrayages pour contester ces pressions que tout le monde trouve inadmissibles. Une pétition pour dénoncer les sanctions a été signée massivement par les salariés de Quai 30 et aussi par un bon nombre de salariés du siège à Roubaix.

Ces derniers ont été d’autant plus compréhensifs qu’ils subissent eux-mêmes une attaque de la direction. En effet, celle-ci a décidé d’un classement appelé People Review pour l’ensemble de l’encadrement, qui est nombreux à Roubaix. Dans ce classement, il y a quatre catégories : les « talents », les « potentiels », les « bien dans leur poste », et les « en difficulté », classe qui inclut 63 salariés, qui sont ainsi stigmatisés. Personne n’est dupe de cette volonté de diviser pour régner. Un tract proposant de classer les principaux dirigeants dans une Directors Review a fait beaucoup rire et des salariés demandent quand le vote pourra avoir lieu.

La direction voudrait mettre son personnel au pas, mais elle n’en a pas fini avec la mobilisation des travailleurs de La Redoute.

Correspondant LO