Amazon : licenciés pour délit d’opinion

06 Février 2019

Plusieurs employés d’Amazon, sur le site de Lauwin-Planque, dans le Nord, et sur celui de Montélimar, dans la Drôme, ont été licenciés pour faute grave. Il leur est reproché d’avoir soutenu le mouvement des gilets jaunes.

Accusés de ne pas avoir « respecté leurs obligations contractuelles », tenu des propos « d’une singulière gravité » ou de « manquement grave à [leur] obligation de loyauté », ces employés ont simplement partagé sur les réseaux sociaux les revendications des manifestants, approuvé le blocage du site où ils travaillaient, ou plaisanté en réclamant « plus de palettes ».

Il y a pourtant de quoi être en colère ! Si le bénéfice mondial du groupe a grimpé de 232 % sur l’année en 2018, c’est essentiellement grâce à l’exploitation des 500 000 salariés d’Amazon, dont une grande part d’intérimaires, usés puis jetés. Jour et nuit, dans des entrepôts glaciaux, à un rythme épuisant, les employés parcourent plus de vingt kilomètres par 24 heures pour un salaire à peine supérieur au smic.

À des protestations contre ces licenciements, la direction du groupe a répondu que les travailleurs visés « sont libres de leur opinion politique »… et Amazon libre de les priver de ressources en raison de cette opinion !

On ne peut nier qu’ils se sont montrés « en opposition aux valeurs de l’entreprise », comme l’affirme la direction. Les valeurs de Jeff Bezos, le PDG d’Amazon à la tête d’une fortune de 116 milliards de dollars, sont en effet bien loin de celles des manifestants qui réclament l’augmentation du pouvoir d’achat. Lui vise celle de ses profits. C’est contradictoire…

Viviane LAFONT