Violences policières : le vrai visage de l’État

30 Janvier 2019

Depuis leur mise en service, le Flash-Ball et le lanceur de balle de défense (LBD), qui l’a remplacé, sont dénoncés comme responsables de blessures graves et d’au moins la mort d’un homme en 2010.

Avec le mouvement des gilets jaunes, les tirs se sont banalisés. Des policiers de la BRI de Montpellier ont même utilisé des fusils à pompe chargés de balles en caoutchouc lors de la manifestation du 12 janvier. Depuis le 17 novembre, 2 000 personnes auraient été blessées par la police ou les gendarmes ; 157 l’auraient été au visage, 18 auraient été éborgnées. Les victimes ne sont d’ailleurs pas toujours des manifestants.

Face aux protestations soulevées par ce bilan, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a affirmé mardi 22 janvier, devant une commission de l’Assemblée nationale, que les policiers seraient équipés d’un système vidéo pour contrôler les tirs après coup. C’était le cas dès samedi 26 janvier à Paris lors de la dernière journée de manifestations des gilets jaunes.

L’impact à l’œil, quelle qu’en soit l’origine, qu’a reçu Jérôme Rodrigues, une figure du mouvement gilet jaune, a démontré ce que vaut ce dispositif qui ne protège en rien les manifestants. Les images que prenait Jérôme Rodrigues en direct sur son téléphone portable montrent qu’il ne représentait aucun danger pour une unité de police, qui d’ailleurs n’était pas encerclée. Depuis le début du mouvement, que ce soit à coup de balles en caoutchouc, de grenades ou de gaz lacrymogènes, Castaner et le gouvernement donnent carte blanche à la police ou aux unités de gendarmes mobiles au prétexte de neutraliser les « casseurs ». L’objectif est d’intimider et de dissuader de venir ou revenir aux manifestations.Le gouvernement n’a pas l’intention de changer de politique : en décembre dernier, 1 280 LBD et 450 Penn Arms multi-coups (des FlashBall à six coups) ont été commandés. Alors côté pile, le gouvernement met en scène son grand débat national où, prétend-il, la parole doit se libérer, mais côté face, c’est le vrai visage de l’État que le gouvernement présente à la contestation : celui de bandes d’hommes armés chargés de défendre l’ordre inégalitaire qu’impose la société capitaliste.

Boris SAVIN