La Poste – Paris 14 : distribution de pub, le trop-plein

30 Janvier 2019

À Paris, depuis des mois, La Poste supprime les emplois des travailleurs de sa filiale Médiapost, qui préparent et distribuent les imprimés publicitaires. Elle laisse ainsi des centaines de travailleurs sur le carreau.

Dans le même temps, arrondissement par arrondissement, la direction veut obliger les facteurs parisiens à prendre en charge ce travail supplémentaire. Il s’ajoute à la distribution du courrier, des paquets et des diverses prestations comme « veiller sur mes parents », relever des compteurs, remplir une déclaration d’impôts, etc., que La Poste développe pendant qu’elle supprime des milliers d’emplois et de bureaux, au détriment du service public.

Dans plusieurs arrondissements cependant, les facteurs réagissent et n’admettent pas cette situation et ce travail supplémentaire. Ainsi, dans le 14e arrondissement où travaillent 200 postiers, la quarantaine de facteurs en horaire du matin ont décidé de dire non. Ils sont en effet déjà particulièrement touchés depuis le mois d’octobre par une nouvelle restructuration qui a supprimé six tournées de facteurs. Résultat : la plupart d’entre eux, pour pouvoir assumer correctement leur tournée, sont obligés de dépasser leur temps de travail, quelquefois de plusieurs heures par jour.

Dans un premier temps la direction, rendue prudente par la grogne du personnel qui se sent à juste titre maltraité et méprisé, avait décidé d’embaucher des intérimaires pour distribuer ces dizaines de milliers de prospectus. Mais en ce début janvier, trouvant que l’intérim coûte cher, la direction a mis fin au contrat des intérimaires. Elle a fait annoncer par les chefs d’équipe qu’à partir du 16 janvier la distribution boîte par boîte de milliers d’imprimés par semaine devrait être assurée par les facteurs.

Croyant calmer la colère, elle a assuré à tous que ce travail en plus serait payé en heures supplémentaires, alors que bien des facteurs ne sont même pas compensés tous les jours pour les dépassements d’horaires de leur tournée ordinaire.

Jeudi 17 janvier, un groupe de facteurs est donc passé dans les travées, invitant tous les collègues à partir en délégation pour dire leur refus d’accepter de distribuer les imprimés publicitaires en plus de tout le reste. La direction, surprise, s’est retrouvée face à plusieurs dizaines de postiers dont plusieurs ont exprimé leur colère face à son mépris et aux conditions de travail insupportables qu’elle impose. Comme le disait une factrice : « Je viens travailler en commençant à l’heure et pour finir à l’heure, pas pour faire des heures supplémentaires. »

La direction a reculé et a renoncé, pour le moment, à faire partir les facteurs en tournée avec les paquets de publicités. Et beaucoup se disent prêts à sortir de nouveau des travées si elle recommence ses pressions.

Correspondant LO