Grèce : salaire minimum, la hausse ne rattrape pas la baisse

30 Janvier 2019

Le Premier ministre grec Tsipras a annoncé une augmentation de 11 % du salaire minimum à partir du mois de février. Il passera de 586 euros brut, soit environ 500 euros net, à 650 euros brut.

Les moins de 25 ans qui touchaient un salaire plus faible, 510 euros brut, devraient percevoir le nouveau salaire minimum. Tsipras a ajouté : « Cette augmentation montre qu’après dix ans de réductions budgétaires une autre voie est possible. »

Malgré la fin officielle des plans d’austérité, le budget du pays est toujours sous la surveillance des créanciers européens et du FMI, qui auraient souhaité une hausse du salaire minimum plus légère. Mais, même si cette augmentation s’applique, elle ne redonnera pas un vrai pouvoir d’achat aux travailleurs.

Avant la crise, le salaire minimum se montait à 751 euros. Il a été réduit de 22 % entre 2010 et 2018. De plus, un bon nombre de salariés gagnaient davantage, grâce à un treizième voire un quatorzième mois, grâce aussi à diverses primes saisonnières ainsi qu’aux 10 % supplémentaires accordés aux travailleuses et travailleurs mariés.

En réalité, les rémunérations ont diminué d’environ 40 %, les pensions de retraite de moitié, après une vingtaine de coupes depuis 2010, qui ne sont peut-être pas les dernières. Les taxes ont augmenté, en particulier la TVA, au taux de 13 % sur de nombreux produits mais qui peut atteindre 24 %. La nouvelle taxe foncière réévaluée et diverses dettes accumulées ont obligé de nombreux Grecs aux revenus modestes à vendre leur maison. Et cela va continuer sous la pression des banques.

Certaines allocations, dans la foulée de la hausse du salaire minimum, devraient augmenter un peu, entre autres celle des chômeurs qui passera de 360 à 400 euros. Mais un long chômage, c’est souvent l’assurance de se retrouver à la soupe populaire et en tout cas réduit à l’hébergement chez des proches. Le gouvernement se vante d’une diminution du chômage, liée en grande partie au développement du tourisme et à ses emplois précaires, mais aussi à la fuite de 600 000 Grecs, entre 20 et 40 ans, qui ont quitté le pays.

Entre la hausse des prix, la précarité de l’emploi et la mauvaise volonté des patrons ne serait-ce qu’à payer leurs salariés, on voit mal en quoi les travailleurs grecs sont sur une nouvelle voie.

Sylvie MARÉCHAL