Ghosn quitte Renault : le plus riche chômeur du monde

30 Janvier 2019

Carlos Ghosn, ex-président de Nissan et Mitsubishi, est aussi désormais ex-PDG de Renault. Le ministre de l’Économie a annoncé que C. Ghosn avait envoyé une lettre de démission depuis sa prison.

L’ex-grand patron ne va probablement pas venir grossir les rangs des inscrits à Pôle emploi, même s’il ne liquide pas ses droits à la retraite. Il a encore bien des affaires en route, sans parler de celles pour lesquelles il est maintenu en prison au Japon depuis plus de deux mois.

Dans tous les cas de figure, Ghosn ne part pas sans biscuits. Il bénéficiera de ses droits légaux, vraisemblablement la totalité de son salaire fixe pour 2018 (7,2 millions d’euros en 2017), malgré son absence injustifiée pour séjour au Japon. Les actionnaires lui voteront peut-être aussi sa part variable, à négocier, encore un million. Et la clause de non-concurrence lui vaudra de percevoir l’équivalent de deux ans de salaire fixe. S’il part à la retraite, il touchera une pension annuelle de 760 000 euros et pourra valoriser ses stock-options pour quelque 23 millions au cours actuel. Et enfin, comme il faut tout de même pouvoir vivre décemment du travail de toute une vie, sa retraite complémentaire pourra lui être versée prochainement dès son 65e anniversaire, à raison de 765 000 euros par an.

Pour avoir enrichi les fonds de pension et les actionnaires pendant près de vingt ans à la tête de Renault, Ghosn pourrait partir avec presque 30 millions. Voilà qui lui laissera le loisir de s’occuper de ses propriétés à San Francisco, sur la Côte d’Azur et de ses hectares de vignes au Liban.

Viviane LAFONT