États-Unis : fin du shutdown

30 Janvier 2019

Après 35 jours de shutdown, c’est-à-dire de fermeture d’une grande partie de l’administration fédérale, Trump et le Congrès ont trouvé un accord permettant de débloquer jusqu’au 15 février les budgets nécessaires pour que les 800 000 fonctionnaires privés de salaire retournent travailler et surtout soient payés.

En fait, Trump n’a pas renoncé à faire financer sa promesse électorale de construire un mur à la frontière mexicaine, ce que refusent les démocrates du Congrès. Non pas parce qu’ils seraient opposés à un durcissement sécuritaire dont les immigrés font les frais – ils sont parfaitement d’accord sur ce point avec les républicains. Mais, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020, ils ne veulent pas permettre à ­Trump de remporter un succès politique.

La rivalité électorale entre républicains et démocrates pourrait donc mener à d’autres blocages, d’autres shutdowns. Ni les uns ni les autres ne se soucient des travailleurs qui en font les frais : 420 000 fonctionnaires obligés de travailler sans salaire, 380 000 autres mis en congés sans solde, et bien d’autres travailleurs mis au chômage technique et privés de paie aussi, car salariés d’entreprises sous-traitantes des administrations fermées pendant cinq semaines.

En réalité, c’est la réaction des employés fédéraux qui a été décisive. Au bout d’un moment, ils ont manifesté dans de nombreuses villes devant des bâtiments fédéraux. Ou bien, tout en faisant la queue devant les épiceries sociales où ils étaient obligés de s’alimenter, ils portaient des pancartes dénonçant les jeux de pouvoir des politiciens.

Une partie des 420 000 fonc­tionnaires jugés indispensables, et en tant que tels supposés continuer à travailler même sans salaire, ont commencé à déserter leur lieu de travail. Certains ont trouvé des petits boulots pour faire rentrer un peu d’argent pour leur famille. Sans eux, des services essentiels comme le fisc ou le contrôle aérien ont commencé à ne plus être assurés, des vols ont été annulés, ce qui a commencé à pénaliser les affaires des grandes entreprises, qui sont intervenues.

Ce n’était pas vraiment une action organisée, ni une grève bien sûr. Mais ces travailleurs ont montré à leur façon qu’ils étaient indispensables au bon fonctionnement de la société.

Lucien DÉTROIT