Droits d’inscription universitaires : non à la hausse pour les étudiants étrangers !

30 Janvier 2019

Le 19 novembre dernier, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé une hausse violente des droits d’inscription pour les étudiants originaires de pays hors de l’UE.

Ils devront désormais payer 2770 euros en licence (contre 170 euros aujourd’hui) et 3770 euros en master et doctorat (contre, respectivement, 243 et 380 euros). Cette hausse, qui atteint donc jusqu’à 1600%, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie baptisée : Bienvenue en France !

45 % des 325 000 étudiants étrangers viennent du Maghreb et d’Afrique. Par exemple, la France accueille 38 000 étudiants du Maroc, et seulement 5 800 des États-Unis. Or, pour un étudiant venant d’un pays pauvre comme le Maroc, le Sénégal ou l’Algérie, une telle hausse peut lui fermer totalement l’accès aux universités françaises. Il est donc vraisemblable qu’elle se traduise par une chute des effectifs, en tout cas des pays les plus pauvres.

Les victimes ne seraient pas seulement les étudiants étrangers. Car cette hausse des droits prépare celle que l’État veut introduire pour les étudiants français. Dans d’autres pays d’Europe, les droits d’inscription ont largement augmenté ces dernières années. Par exemple en Grande-Bretagne, ils ont été introduits en 1998 et atteignent maintenant en Angleterre environ 10 000 euros par an et par étudiant. Baisser la dotation de l’État en augmentant les droits d’inscription : c’est vers ce vieil objectif de tous les gouvernements, de droite comme de gauche, depuis au moins trente ans que le gouvernement Macron-Philippe voudrait aller.

Face à la mobilisation des étudiants et des personnels, une quinzaine d’établissements ont annoncé qu’ils n’appliqueraient pas la hausse des droits d’inscription. Mais ces décisions locales ne peuvent suffire. La ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, leur a rappelé que les universités devaient obéissance et loyauté. En outre, le nombre d’étudiants qu’un établissement peut exonérer de droits est plafonné. Enfin, ceux qui n’appliqueraient pas la hausse verraient la dotation versée par l’État baisser et devraient donc réduire leurs dépenses.

Étudiants et personnels des universités ont bien raison de demander le retrait, au niveau national et pas seulement local, de cette mesure scandaleuse, aux relents xénophobes de préférence nationale .

Michel BONDELET