Rapport Oxfam : la richesse mondiale entre quelques mains

23 Janvier 2019

Les 26 milliardaires les plus riches possèdent autant que 3,8 milliards de personnes, la moitié la plus pauvre de l’humanité. Cette sinistre équation, révélée par l’ONG Oxfam, résume le caractère monstrueux et parasitaire du capitalisme.

La crise de 2008 s’est traduite au niveau mondial par un recul de la production, une explosion du chômage et de la misère. Mais le nombre de milliardaires et leur fortune personnelle n’ont cessé de progresser depuis dix ans.

Ainsi, le premier au classement, Jeff Bezos, le propriétaire d’Amazon, a vu sa fortune progresser de 39 milliards en un an pour atteindre 112 milliards de dollars. À titre d’exemple, Oxfam indique que seulement 1 % de sa fortune représente le budget total de la Santé de l’Éthiopie, un pays de 105 millions d’habitants.

Deux capitalistes français font partie du club des 26. Bernard Arnault, propriétaire de LVMH au quatrième rang et Françoise Bettencourt-Meyers, héritière de L’Oréal. Et en France, huit milliardaires possèdent autant que les 30 % les moins riches.

Oxfam signale que « tandis que les milliardaires ont vu leur fortune augmenter de 12 % l’an dernier, la richesse de la moitié la plus pauvre de la population du monde a chuté de 11 %. » Cela se traduit par des inégalités croissantes dans l’accès aux soins, l’espérance de vie, la scolarisation dans les pays pauvres comme dans les plus riches. Ainsi, dans les quartiers les plus pauvres de Londres, l’espérance de vie est aujourd’hui de six ans inférieure à celle des quartiers les plus riches. L’espérance de vie recule aussi dans les quartiers pauvres des États-Unis.

C’est l’enrichissement extrême des uns qui provoque l’appauvrissement des classes populaires. Le capitalisme en crise, pour maintenir les profits des actionnaires, ne voit d’autre moyen que de réduire la part qui revient aux travailleurs du monde entier. Il le fait directement par le renforcement de l’exploitation, par la baisse des salaires réels, par l’intensification du travail pour les uns et le chômage pour les autres. Et il le fait indirectement en parasitant de plus en plus les caisses des États.

Tout cela ­n’aboutit qu’à rétrécir encore la consommation des classes populaires et le marché des biens de production ainsi qu’à enfoncer l’économie et la société entière dans le chaos.

Mais les préoccupations des capitalistes n’ont jamais été l’avenir de l’humanité...

Christian BERNAC