Grand débat ou pas : la colère demeure

23 Janvier 2019

En lançant le grand débat national, Macron tente de convaincre les gilets jaunes de mettre fin aux manifestations. Pour le moment, ça n’a pas vraiment marché.

Ce débat doit durer deux mois, du 15 janvier au 15 mars. Toutefois, même si le gouvernement préfère les discussions plutôt que l’occupation des ronds-points et des centres-villes, il n’est pas question pour lui de laisser les gens s’emparer de n’importe quel sujet et de dire tout ce qu’ils ont sur le cœur. Ainsi l’affaire est soigneusement encadrée.

Quatre thèmes ont été choisis officiellement, la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté, l’organisation de l’État des services publics. Il n’est pas question dans tout cela de l’augmentation des retraites, du smic et des salaires par exemple, ni du rétablissement de l’ISF. Le débat est très orienté, et les réponses fournies dès le début le sont aussi.

Macron a commencé sa tournée en rencontrant des assemblées de maires, en province. Les maires sont censés être plus modérés et raisonnables que les gilets jaunes. Néanmoins les choses ne se sont pas toujours passées facilement, certains s’étant montrés revendicatifs.

Parallèlement, ces élus sont invités à organiser partout dans le pays des débats locaux avec leurs administrés. Certains ont refusé, en estimant que toute cette opération n’était qu’une diversion, d’autres ont accepté, et des débats ont déjà eu lieu.

Certains médias ont fait le catalogue des revendications. Celles-ci sont évidemment très nombreuses et variées. Cependant il ressort clairement que ce sont les questions du niveau de vie, des retraites, du smic, des salaires et aussi des taxes qui arrivent de loin en premier.

Ainsi la multitude des grands et des petits débats fait ressortir que la majeure partie de la population est mécontente, qu’elle a envie de le dire, et que ça change. Ce n’est bien entendu pas ce qu’espérait le gouvernement. Parmi ceux qui se sont mobilisés, beaucoup sont convaincus de la nécessité de continuer.

Ce qui est certain, c’est que si les travailleurs se mettaient à leur tour massivement dans l’action et réclamaient notamment des hausses de salaire à leurs patrons, alors là, oui, il pourrait y avoir du changement. Le 5 février, la CGT appelle à une journée de grève interprofessionnelle et de manifestations. Les militants et les travailleurs conscients ont toutes les raisons de se saisir de cette occasion de l’affirmer.

André VICTOR