Affaire Ghosn : maîtres et valets

23 Janvier 2019

Dans le cadre d’une émission consacrée à l’affaire Carlos Ghosn, une journaliste de Capital, interrogée sur les raisons des mésaventures de l’ex-PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi et de son séjour en prison, a résumé le fond de l’affaire par ces mots : « Il n’était qu’un salarié, et il l’a oublié . »

Même grassement payé, le PDG reste un serviteur qui doit des comptes à ses maîtres capitalistes, ceux qui détiennent les entreprises et qui peuvent du jour au lendemain se débarrasser de lui.

Certes, sans passer, eux, par la case prison, d’autres grands PDG ont connu la même mésaventure et un retour brutal à la réalité. Ce fut le cas de l’ex-PDG de la Générale des eaux-Vivendi, Jean-Marie Messier, surnommé J2M, « Jean-Marie Maître du Monde », qui en 2002 fut éjecté sans façon par les actionnaires majoritaires. Il perdit non seulement son pouvoir et la plus grande partie de ses émoluments, mais dut longuement fréquenter les tribunaux. Grâce à la bienveillance de la justice française pour les PDG, les peines de prison auxquelles il fut condamné furent à chaque fois assorties du sursis.

Arnault, Pinault, Bolloré, les familles Peugeot, Michelin, Dassault, la famille Bettencourt, etc., tous actionnaires milliardaires, peuvent faire ce qu’ils veulent de leur argent, la loi sur la protection de la propriété privée est là pour les protéger. Les PDG restent leurs valets. Les vrais maîtres du monde, ce sont eux… tant qu’on ne leur aura pas repris ce qu’ils ont volé à des milliards d’êtres humains.

Paul SOREL