Spéculation : les profits contre les emplois

17 Janvier 2019

2018 a été une année record en termes de fusions-acquisitions, c’est-à-dire d’opérations de vente et d’achat d’entreprises par d’autres. L’ensemble des opérations a mobilisé 3 440 milliards d’euros, en augmentation de 20 % par rapport à 2017.

C’est aux États-Unis que ces opérations de concentration de groupes industriels ou financiers ont été les plus importantes. Mais la France n’a pas été en reste, avec le rachat par AXA pour 12 milliards de l’assureur bermudéen XL Group et celui de Bioversativ par Sanofi pour 10 milliards d’euros. L’année 2019 commence bien pour le monde de la finance, avec l’annonce du rachat de l’entreprise Celgene, spécialiste des cancers du sang, par le groupe pharmaceutique Bristol-Myers Squibb qui s’est dit prêt à mettre 74 milliards d’euros sur la table.

Dans un contexte de crise, où les marchés sont saturés, les grands groupes capitalistes utilisent leurs énormes ressources financières pour se racheter les uns les autres, sans chercher à développer la production ni à embaucher. Ces fusions-acquisitions sont aussi une facette des activités spéculatives, des mouvements financiers qui sont un des traits majeurs du capitalisme depuis des décennies.

Ces opérations ne rapportent rien à la société. Au contraire, elles sont suivies souvent par des licenciements, des suppressions d’emplois, des fermetures d’entreprises. Ainsi Bayer, qui a définitivement avalé Monsanto au cours de l’année 2018, a annoncé 12 000 suppressions d’emplois pour les deux années qui viennent.

Contrairement à ce que prétendent les défenseurs du capitalisme, les profits ne créent pas d’emplois, ils les détruisent !

Boris SAVIN