PSA – Saint-Ouen : il faudra que le patron paye !

17 Janvier 2019

Depuis l’annonce par la direction de la fermeture de l’usine PSA de Saint-Ouen et des conditions de départ prévues pour les ouvriers, beaucoup estiment que cela ne fait pas le compte et se mobilisent pour obtenir plus.

Au retour des vacances de fin d’année, la direction a annoncé les mesures concernant les conditions de départ de l’usine. Les sommes proposées étaient dérisoires : pour ceux qui partiraient du groupe, elle ajoutait aux indemnités légales de 6 à 12 mois de salaire une prime de 12 mois de salaire et une prime de départ de 10 000 euros. Mais, pour vider l’usine plus vite, elle ramenait la prime à 7 000 euros pour ceux qui refuseraient de quitter celle-ci avant la fin septembre. Pour les mutations, elle ne lâchait que quelques milliers d’euros et n’offrait aucune garantie quant au type de poste proposé. Particulièrement cynique envers les plus âgés, elle ne proposait un congé senior qu’à partir de cinq ans avant la retraite avec 75 % du salaire.

Les sommes proposées, au total plusieurs dizaines de milliers d’euros, peuvent sembler importantes au regard des petits salaires versés aux ouvriers, mais elles ne sont que des miettes en comparaison de l’argent accumulé pendant des années sur leur dos pour remplir les coffres-forts des actionnaires. En 2017, le groupe PSA annonçait un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros. Des résultats jugés « excellents » par le PDG, Carlos Tavares, qui ajoutait que l’entreprise avait ainsi réussi à stocker 10 milliards d’euros de trésorerie depuis 2014. Et 2018 s’annonce une année tout aussi bonne pour les actionnaires, car des records de vente ont été battus. Par ailleurs, la vente des terrains où est installée l’usine de Saint-Ouen va rapporter plusieurs dizaines de millions d’euros.

La direction voudrait faire croire aux 324 salariés de l’usine qu’il n’y a pas assez d’argent pour payer un congé senior jusqu’à la retraite, et à taux plein, à partir de 50 ans, et qu’il n’y en aurait pas assez pour accorder les 100 000 euros qu’exigent les ouvriers pour partir du groupe. Mais 100 000 euros, c’est le salaire que reçoit le PDG en une semaine seulement !

La mobilisation a commencé dans l’usine tout de suite après les annonces de la direction, ressenties comme une véritable provocation. Le lendemain, 9 janvier, des débrayages ont eu lieu dans les trois équipes, avec tournée dans les ateliers pour entraîner ceux qui étaient encore au travail. Jeudi 10, les ouvriers recommençaient et sortaient à environ 80 pour une manifestation dynamique dans les rues aux alentours. Comme la tenue de travail comporte un gilet jaune, ils ont été encouragés par les klaxons de nombreux automobilistes !

La manifestation s’est terminée dans le hall du magasin Conforama voisin, qui va fermer lui aussi du fait de l’installation d’un nouvel hôpital sur le terrain. Les employés du magasin étaient évidemment solidaires, disant qu’eux ne savaient même pas dans quelles conditions ils allaient partir.

Dans les jours qui ont suivi, la direction a ajouté 10 000 euros à la prime de départ. Une bonne raison pour continuer, plus nombreux encore ! C’est ce qui a été décidé à l’assemblée générale du 15 janvier, où la grève a été votée par une quarantaine des 90 présents pour le lendemain.

Correspondant LO