Nos lecteurs écrivent : auxiliaires de vie, des conditions révoltantes

09 Janvier 2019

Je suis une dame âgée de 89 ans et j’ai la chance de pouvoir continuer à vivre chez moi, dans une cité HLM parisienne, grâce au travail et au dévouement des aides-soignantes, infirmières et auxiliaires de vie qui se succèdent autour de moi.

Ce sont elles qui m’accompagnent dans tous les gestes de la vie quotidienne que l’âge et la maladie ne me permettent plus de faire seule, notamment la toilette, les repas, le coucher et le lever.

Le jeudi 20 décembre, l’auxiliaire de vie du soir, après m’avoir fait manger, se préparait à m’aider à me coucher lorsqu’elle a fait un malaise. Elle était épuisée et n’avait pas eu le temps de manger elle-même durant la journée !

Ses conditions de travail, comme celles de ses collègues, sont démentes et s’aggravent : elle est employée par une association qui n’a d’associatif que le nom et se comporte en patron de choc. Refusant d’embaucher un volant de remplaçants suffisant, l’employeur n’hésite pas à bouleverser leur planning le matin même pour la journée. Le jour où cette jeune femme s’est évanouie chez moi, elle avait dû remplacer une collègue au lieu de prendre sa pause à la mi-journée.

L’association refuse de payer des heures supplémentaires et veut les faire récupérer, par exemple lorsque les salariés doivent prendre une journée pour garder leur enfant malade ! Le patron a évoqué récemment le fait de décompter du temps de travail les déplacements d’un client à l’autre. Comme si ce temps-là était du temps de loisirs !Ce qu’elle m’a raconté de ses conditions de travail n’est pas exceptionnel : les autres personnes qui me soignent sont confrontées au même genre de problèmes.

J’ai entendu récemment un député expliquer à la radio que les travailleurs au smic l’étaient parce qu’ils n’étaient pas assez qualifiés et que leur travail n’apportait pas assez de valeur ajoutée. Cela me révolte profondément. Ces salariées se dévouent pour une paie misérable, à des horaires contraignants qui les éloignent de leurs enfants à des moments importants pour eux comme pour elles.

Si tout le monde était payé à la hauteur de son utilité sociale, on pourrait échanger leur feuille de paie contre celle du politicien qui s’est permis cette marque de mépris.

Marcelline R., Paris 18