SNCF : dividendes record et suppressions d’emplois

02 Janvier 2019

La SNCF a annoncé la suppression de 2 089 postes en 2019. Ses effectifs tomberaient à 140 000 alors qu’ils étaient encore de 170 000 en 2004, il y a quinze ans.

Les réductions d’effectifs touchent quasiment tous les secteurs, mais les guichetiers et les agents d’accueil sont en première ligne. Partout, la SNCF supprime les points de vente, entraînant de nombreuses réactions de cheminots et d’usagers. Alors que de nombreuses gares sont rendues désertes de tout cheminot, les salles d’attente fermées, la SNCF tente de faire passer la pilule.

Ainsi, elle expérimente dans les Hauts-de-France, une opération baptisée « Vigie Gare Halte » demandant aux facteurs de venir faire un tour, d’ouvrir et de fermer la gare, de vérifier les équipements d’information et de sonorisation. Comme le faisait remarquer un syndicaliste, avec la fermeture des maternités de proximité, on se demande ce qui va être bientôt demandé aux postiers !

La contrepartie de ces suppressions d’effectifs est l’intensification du travail en cours, dans tous les métiers. Ainsi, alors que l’autorisation de départ des trains était donné par des agents d’escale en gare, la direction veut pouvoir supprimer leur poste en transférant cette responsabilité aux contrôleurs. La conduite à agent seul se généralise aussi, laissant le conducteur seul à bord au mépris de la sécurité des voyageurs.

Dans les ateliers de maintenance TGV, la direction généralise le travail de nuit afin d’assurer leur rotation maximale tout en programmant la fermeture de certains ateliers comme celui de Villeneuve-Saint-Georges.

Cette politique de rentabilité maximale se fait au détriment des usagers et des cheminots. Mais elle a permis à SNCF Mobilités, l’entité chargée de la circulation des trains, de faire un bénéfice net record de 895 millions d’euros et un versement de dividendes record de 537 millions d’euros au titre de 2017.

Normalement, ces dividendes seront versés en 2019 à SNCF Réseau, gestionnaire de la voie. On pourrait donc croire que plus d’argent va être investi dans la régénération d’un réseau ferroviaire dans un état catastrophique, mais pas du tout. Car l’État diminue sa subvention à SNCF Réseau d’autant. Les fermetures de lignes comme de gares, les ralentissements chroniques, les incidents à répétition sont donc promis à un bel avenir, du moins dans les projets de la direction SNCF et du gouvernement.

Reste à les faire avaler aux cheminots et aux voyageurs. Mais cela, c’est loin de passer comme une lettre…. à La Poste.

Christian BERNAC