Sans-abri : justice compréhensive...pour les nantis

02 Janvier 2019

Le tribunal administratif de Paris a annulé vendredi 28 décembre le permis de construire d’un centre d’hébergement pour sans-abri à la lisière du Bois de Boulogne.

Ce centre temporaire, destiné à rester ouvert jusqu’en novembre 2019, a concentré sur lui toute la haine d’une fraction de la bourgeoisie du 16e arrondissement de Paris, qui y a vu une atteinte directe à sa tranquillité et à son entre-soi.

En 2016, une réunion d’information de la mairie de Paris, à l’initiative du projet, avait dû être interrompue et évacuée, tant les injures fusaient. À deux reprises, des tentatives d’incendie ont visé ce centre. Pourtant, en deux ans, cet espace qui abrite 200 résidents dans des préfabriqués en bois, géré par l’association Aurore, s’est parfaitement intégré au voisinage au point que nombre de riverains en ont oublié jusqu’à l’existence.

Mais pour autant, certains habitants n’ont pas désarmé. Sous couvert de défendre l’environnement, la Coordination pour la sauvegarde du bois de Boulogne a porté l’affaire en justice. Elle prétend hypocritement ne pas refuser d’accueillir les sans-abri mais se félicite du résultat de ce dernier jugement.

Heureusement, les résidents ne peuvent pas être expulsés pendant la période hivernale et la mairie de Paris a décidé de se pourvoir en cassation pour permettre au centre de demeurer jusqu’en novembre 2019. Mais ces juges ont fait une belle démonstration de leur compréhension pour les bourgeois du 16e !

Aline URBAIN