Pouvoir d’achat : la prétendue hausse cache mal la baisse

02 Janvier 2019

« Du jamais vu depuis douze ans », répètent en boucle les médias en annonçant les prévisions sur le pouvoir d’achat des ménages pour 2019. Selon l’Insee, celui-ci devrait augmenter de 1,6 %, et peut-être même de 2 % au milieu de l’année.

Un autre institut parle, lui, d’une hausse « ressentie » de 2,4 % ! Que signifie ce jargon ? Habituellement utilisé pour parler de la température, le ressenti ne concerne que sa perception, mais ne la modifie pas. Et puis comment peut-on prévoir une amélioration du pouvoir d’achat alors qu’il n’y a aucune contrainte imposée aux prix à la consommation ni aucune obligation faite aux entreprises d’augmenter les salaires ? Les chiffres lancés ne sont qu’un écran de fumée pour masquer la réalité alors qu’il devient de plus en plus dur de boucler les fins de mois.

Les mesures prises ces derniers mois par le gouvernement et les entreprises auraient des conséquences positives sur le pouvoir d’achat, dit-on, comme si les travailleurs étaient incapables de faire leurs comptes. Or, chacun a pu constater que derrière chaque annonce se cache une entourloupe. La prime exceptionnelle évoquée par le président n’est versée que par une minorité d’entreprises ; la suppression de la hausse de la CSG ne touchera que les retraités vivant seuls et percevant moins de 2 000 euros mensuels ; la prétendue augmentation de 100 euros du smic ne vaut que pour une partie des salariés qui le touchent, les autres devant se satisfaire d’une revalorisation de 1,54 %, soit moins que l’inflation ; la défiscalisation des heures supplémentaires n’intervient que si l’on en fait, etc. Quant au gel du prix de l’électricité et à la baisse de celui du gaz, ils arrivent après des années de hausse et chacun sait que cela ne durera qu’un temps.

En revanche, si le gouvernement se vante des hausses annoncées, il fait silence sur la baisse des aides, telles que les APL amputées de 5 euros, sur l’indemnisation du chômage de plus en plus restrictive, les pensions de retraite et les salaires des fonctionnaires bloqués, les médicaments moins ou non remboursés. Autant de ponctions qui frappent les moins bien lotis.

Et les hausses de prix, elles, sont bien réelles. Les dépenses dites contraintes telles que le loyer, l’eau, les transports, qu’ils soient en commun ou individuels, les cantines scolaires, tout cela ne fait qu’augmenter. La nourriture ne baisse pas de prix, acheter de la viande ou des fruits et légumes, même de saison, nécessite de se priver par ailleurs.

Alors, que Macron et ses soutiens réservent leur leçon sur la prétendue hausse du pouvoir d’achat à leur petit cercle de privilégiés, il leur sera impossible de duper les travailleurs, eux qui affrontent quotidiennement les difficultés financières.

Marianne LAMIRAL