Les vœux de Macron : un programme antiouvrier

02 Janvier 2019

Les commentateurs politiques ont eu bien du mal à gloser sur les vœux présidentiels du 31 décembre. N’y ayant rien trouvé de nouveau, ni même de consistant, ils ont dû se rabattre qui sur la gestuelle, qui sur le vocabulaire et conclure que la grande innovation résidait dans le fait que Macron a joué du micro debout. Pour eux, visiblement et comme le dit la chanson, cela veut dire beaucoup…

Mais, pour les millions de travailleurs et de familles ouvrières qui ressentent durement les mesures gouvernementales, pour tous ceux qui sont à cinq euros près et que Macron méprise, ses vœux annonçaient de nouveaux mauvais coups. Le président s’est déclaré satisfait des attaques menées jusque-là contre le monde du travail en général et les cheminots en particulier et s’est dit prêt à les poursuivre. Il a promis de s’en prendre cette année aux chômeurs en les « incitant davantage à reprendre le travail ». Le grand patronat continuera donc à avoir le droit de licencier à tour de bras et les travailleurs seront poussés à accepter n’importe quel emploi, à n’importe quel salaire, n’importe où et pour n’importe quelle durée sous peine de perdre leur allocation. C’est ce que Macron appelle les « protections du 21e siècle ».

Prenant visiblement son auditoire pour un ramassis de demeurés, Macron a expliqué doctement qu’on « ne pouvait pas travailler moins et gagner plus ». Il est pourtant le fondé de pouvoir de la classe capitaliste qui gagne de plus en plus en ne travaillant pas. Il est vrai qu’il faut pour cela contraindre les travailleurs à se serrer la ceinture, quitte à ruiner la société entière. Le président s’y emploie.

Dans la même veine, Macron a dit en substance aux centaines de milliers de manifestants de ces dernières semaines et aux millions de petites gens qui les soutiennent qu’ils crachent dans la bonne soupe que la mère patrie leur offre. Ainsi, les services publics seraient présents partout où ils sont nécessaires, l’éducation serait gratuite et des services médicaux de qualité seraient à la portée de tous. Cela n’est plus vrai pour la fraction la plus pauvre de la population, et cela empire chaque jour. Macron le sait d’autant mieux que c’est précisément lui, après ses prédécesseurs, qui orchestre les économies sur les services publics. La bonne soupe, car elle existe, est réservée aux possédants.

Macron fait ce pourquoi il est en place : réduire la part des travailleurs pour augmenter celle des capitalistes. Il ne peut pas, contrairement aux attentes de ses donneurs d’ordres et des commentateurs intéressés, faire en sorte que les travailleurs s’en réjouissent ou ne s’en aperçoivent pas, ni même qu’ils y consentent. Il peut, tout au plus, tenter de répéter eu guise de vœux les banalités qui enrobent sa liste d’attaques antiouvrières et prier pour que la colère des travailleurs n’explose pas.

Paul GALOIS