Hébergement d’urgence : la situation se dégrade

02 Janvier 2019

Les associations d’aide aux sans-abri ont alerté le 19 décembre les pouvoirs publics sur l’insuffisance dramatique du nombre de places dans les hébergements d’urgence. Cette situation se répète sur l’ensemble du territoire, même si elle est pire dans les grands centres.

Ainsi, à Paris, environ 600 personnes appellent chaque jour le 115 sans obtenir de réponse ; parmi elles, il y a 500 familles, dont beaucoup avec des enfants. Ce numéro de téléphone, censé offrir une solution à tout SDF en recherche d’abri pour la nuit, est tellement saturé que, neuf fois sur dix, il n’y a aucune réponse, et quand enfin un interlocuteur est joignable au bout du fil, il n’a rien à proposer. À Lyon, chaque jour, 2 000 personnes ne trouvent aucun hébergement ; en Seine-Saint-­Denis, 250 familles sont dans le même cas, etc.

« Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des hommes et des femmes dans les rues », avait promis Macron après son élection. Des paroles en l’air, bien sûr, quand on sait que les moyens ne suivront pas. Construire des logements sociaux à des prix accessibles aux plus pauvres n’a jamais fait partie des priorités des gouvernements, quelle que soit leur étiquette. Quant à prévoir des structures propres et chauffées en nombre suffisant pour répondre aux besoins de l’urgence, ce n’est pas non plus leur préoccupation.

Certains politiciens ont cependant fait un petit geste, et surtout beaucoup de cinéma autour, comme l’a fait Darmanin pour les SDF parisiens en mettant à leur disposition 35 places dans son ancien ministère du Logement avant qu’il ne soit rénové. Pour les quelque 3 000 SDF recensés en février dernier, cela ne résout en rien le problème, mais l’essentiel était de tenter de faire parler de lui de façon moins négative.

Même si l’on évoque surtout en hiver le problème des SDF, ceux-ci sont chaque année plus nombreux. Le chômage, qui peut conduire très vite à la pauvreté, ne diminue pas, et il s’y ajoute la presque impossibilité de trouver un logement à un prix accessible quand on a été obligé de quitter le sien. Il suffit alors d’un accident de la vie, d’un crédit en trop pour basculer dans la détresse.

Seule la réquisition immédiate des logements vacants, en attendant la construction de HLM financièrement accessibles à tous ceux qui en ont besoin, pourrait mettre fin au scandale de voir, dans un pays riche, des hommes, des femmes et des enfants continuer de dormir sur un coin de trottoir.

Marianne LAMIRAL