Chômeurs : des sanctions révoltantes

02 Janvier 2019

Sans attendre les vœux de Macron dans lesquels il a réitéré sa volonté de s’en prendre à l’indemnisation du chômage, le gouvernement et le patronat ont poursuivi pendant les fêtes leur travail préparatoire de démolition des droits des travailleurs privés d’emplois.

C’est le gouvernement qui a commencé à porter les coups. Le 31 décembre, en catimini, la ministre du Travail, Pénicaud, a fait paraître au Journal officiel un décret qui renforce encore un peu plus le contrôle des chômeurs. C’est d’abord le renforcement des pouvoirs de sanction de Pôle emploi que ce décret rend effectif. L’organisme censé venir en aide aux chômeurs a décidé de généraliser les équipes chargées exclusivement de les contrôler. Les sanctions sont durcies contre les chômeurs qui ne chercheraient pas assez activement du travail, comme s’il suffisait de traverser la rue pour en trouver. En dehors des sanctions pour absence à un rendez-vous avec le conseiller Pôle emploi, elles ne seront plus une simple suspension temporaire des indemnités mais une suppression des droits pour une durée d’un, deux ou quatre mois, réduisant d’autant la durée d’indemnisation.

Pendant la trêve des confiseurs les prétendues négociations entre le patronat et les syndicats ont continué sur la future nouvelle convention d’indemnisation des chômeurs. Le gouvernement avait fixé par avance l’ampleur des attaques, exigeant une baisse du budget atteignant de 1 à 1,3 milliard d’euros par an. Mais le patronat va encore plus loin dans ses propositions, les représentants du Medef voulant faire 1,9 milliard d’économie par an.

Leur façon de négocier avec les syndicats consiste à ne leur laisser que le choix entre les attaques à mettre en place contre les chômeurs. Ainsi, pour priver d’indemnités ceux qui arrivent tout juste à y avoir droit, la période prise en compte pour arriver au minimum exigé de quatre mois travaillés serait réduite. De même, les indemnités de ceux qui enchaînent contrats courts et périodes de chômage pourraient être réduites par la mise en place d’une moyenne de jours indemnisés par mois. Le nombre de ceux-ci serait ainsi ramené au nombre mensuel moyen de jours travaillés pendant la période prise en compte. Quant à ceux ayant travaillé depuis des années avant de se retrouver au chômage, le nombre de jours indemnisés serait lissé à trente par mois, ce qui leur ferait perdre cinq jours d’indemnisation par an. Toutes ces propositions reviennent à faire payer aux chômeurs la destruction des emplois par le patronat et l’État, et leur précarité croissante.

Le patronat et le gouver­nement se passent ainsi le relais pour réduire l’indemnisation des salariés ayant perdu leur travail et les obliger à accepter n’importe quel emploi.

Gilles BOTI