Policiers : si utiles pour le gouvernement…

26 Décembre 2018

En marge des manifestations de samedi 22 décembre, des policiers à moto ont été pris à partie par des gilets jaunes. L’un d’eux a même sorti son pistolet. Un des représentants d’UNSA-Police a immédiatement justifié l’acte de ce policier en demandant au gouvernement de lui apporter son soutien.

La réponse ne s’est pas fait attendre : Édouard Philippe a reçu les trois policiers concernés dès le 24 décembre. Les policiers, fortement mis à contribution du fait du nombre de manifestations ces dernières semaines, en particulier celles des gilets jaunes, ont menacé le gouvernement et commencé à mettre en application une grève du zèle, des fermetures de commissariats. Mais, dès l’annonce de manifestations policières, le gouvernement a fait adopter un amendement à la loi de finances 2019 accordant une prime exceptionnelle de 300 euros aux policiers sur le terrain. Il a aussi annoncé la mise en place d’un calendrier de paiement des heures supplémentaires.

Alors que ces concessions ont été dénoncées comme insuffisantes par les policiers prêts à poursuivre leur mobilisation, le gouvernement a encore accordé une augmentation de salaire progressive sur l’année 2019. D’ici un an, les policiers sur le terrain toucheront entre 120 et 150 euros de plus par mois selon leur grade. Ceux qui travaillent dans les bureaux auront droit à 200 euros. Il n’y a rien par contre sur les demandes d’effectifs supplémentaires, avec les millions d’heures supplémentaires qui en résultent.

Le gouvernement a donc lâché un peu de lest pour stopper la fronde de ses forces de répression, mais surtout il ne cesse de les féliciter, de les assurer de son soutien appuyé, même lorsque leur attitude est mise en cause. Macron ne manque pas une visite pour assurer les policiers de sa gratitude, de son admiration pour le travail qu’ils effectuent, et on en passe. Malgré le discrédit général de sa politique, le gouvernement n’a nullement l’intention d’en changer.

Il n’est pas question pour lui d’ouvrir la voie à une augmentation générale des salaires ; pas question de mettre fin notamment au blocage des salaires des fonctionnaires en vigueur depuis 2010. Mais il est clair que, pour la catégorie des policiers, une brèche est ouverte. Le gouvernement a trop besoin que ce corps de métier joue sans faille son rôle de pilier de l’ordre. En clair, même s’ils disent que cela les fatigue, le gouvernement attend des policiers qu’ils soient toujours prêts à matraquer les manifestants. La poursuite d’une politique impopulaire est à ce prix.

C. D.