Une campagne très intéressée

19 Décembre 2018

À la campagne stigmatisant les violences et la casse lors des manifestations des gilets jaunes, a succédé une autre sur les dégâts économiques engendrés par le mouvement.

« Deux milliards de pertes non récupérables » selon le porte-parole des patrons de centres commerciaux, « 0,2 % de croissance perdue cette année » selon le ministre de l’Économie.

S’il est incontestable que les affaires ont été perturbées par les manifestations et les blocages de ronds-points, les pertes sont à relativiser. Comme l’écrit le journal Les Échos : « Les deux milliards de pertes des commerçants se rapportent aux 450 milliards d’activité annuelle du commerce de détail. » Quoi qu’il en soit, les premiers responsables de ces pertes sont Macron et ses ministres qui ont attendu un mois avant de changer de ton et d’annoncer quelques mesures.

Si certains petits commerçants indépendants accuseront peut-être le coup, les géants de la distribution, Auchan, Carrefour ou Leclerc, eux, s’en sortiront indemnes. Ils ont d’abord commencé un grossier chantage contre leurs propres salariés, menaçant de ne pas verser les habituels 13e mois ou les primes de fin d’année sous prétexte des pertes subies. Ils profitent désormais de la situation pour réclamer à l’État « que soient accélérées les procédures d’autorisation des ouvertures dominicales supplémentaires » et que soit instauré « un juste équilibre de la pression fiscale sur toutes les formes de commerce ». Dans le commerce, comme dans l’agriculture, l’habitude est de pleurer sur les éventuelles pertes des petits pour garnir les fortunes avérées des gros.

X. L.