Salaires, impôts… : faire payer les capitalistes !

19 Décembre 2018

Le mouvement des gilets jaunes a mis sur la table le problème du pouvoir d’achat et du niveau de vie des couches populaires.

Macron et son gouvernement ont tenté de stopper la contestation en annulant l’augmentation de la taxe sur les carburants qui a constitué l’élément déclencheur et en annonçant des mesures comme l’augmentation de la prime à l’emploi, la défiscalisation des heures supplémentaires et de la prime que les capitalistes pourraient accorder selon leur bon désir en fin d’année. Mais si le recul du gouvernement est évident, il est tout aussi évident qu’il ne fera rien payer au grand patronat. Et ce qu’il donne d’une main, il espère bien le reprendre de l’autre.

En réalité, le sort des travailleurs et des couches populaires ne peut s’améliorer que si la classe capitaliste paye. Il faut la faire payer pour créer des emplois et augmenter les salaires. Et il faut la faire payer pour financer l’intégralité du budget de l’État, car ce n’est pas aux travailleurs, ni aux autres couches populaires de payer des impôts pour un État qui n’est pas à leur service mais à celui des capitalistes.

C’est cela qu’ont dénoncé, en fait, les gilets jaunes qui affirment avec raison payer des impôts sans en voir jamais la contrepartie en terme de service public. La population paye bien des impôts, et particulièrement des impôts indirects. Mais les retombées de l’impôt se voient mieux, et de plus en plus, dans les coffres-forts des capitalistes que dans les écoles de campagnes et les maternités de petites villes.

Les capitalistes tirent leur richesse de l’exploitation de la classe ouvrière et du parasitisme financier qu’ils imposent à toute la société avec l’aide de l’État. C’est à ce parasitisme là qu’il faut s’attaquer. Que tout le monde ait un travail et un salaire qui permette de vivre correctement n’est pas demander la lune. Que l’éducation, la santé, les transports soient accessibles à tous et dignes d’un pays développé du 21e siècle n’a rien d’excessif. Alors il faut l’imposer en prenant l’argent là où il est.

Les politiciens qui composent les gouvernements qui se succèdent ne sont que de passage. Ils ne font que servir les intérêts capitalistes. La classe capitaliste, avec son capital, décide de tout. C’est elle qui a le pouvoir. Si elle n’est pas capable d’assurer le minimum nécessaire à tous aujourd’hui, cela prouve que c’est sa domination qui étouffe la société, et que l’immense majorité de la population a intérêt à s’en débarrasser. Et les travailleurs seront ceux qui mèneront ce combat jusqu’au bout parce qu’ils n’ont rien à perdre et sont les ennemis directs des capitalistes.

Pierre ROYAN